Un article par
Laura Knight-Jadczyk


Jupiter, Nostradamus, Edgar Cayce, et le Retour des  Mongols

Traduction française: Henri R.


Vendredi 19 mars 2004 : En continuant avec l'enquête de Wilkens, nous constatons que l'île que nous connaissons maintenant comme la Crète doit aussi son nom à Homère, étant donné par les peuples qui se sont installés là après l'écroulement de l'Âge de Bronze.

Homère a décrit la Crète comme un pays prospère qui est un anachronisme impossible puisque nous savons maintenant que la Crète a été détruite à la fin de l'Âge de Bronze par l'éruption du volcan Santorin autour de 1600 av. J.-C. On pense que la civilisation Minoenne a été remplacée par celle de Mycènes, mais celle-ci, aurait aussi déjà été en déclin à ce temps présumé de la Guerre de Troie.

Homère mentionne les Doriens comme étant parmi les peuples vivant en Crète et cela a été un problème ininterrompu pour des savants comme il est bien connu que les Doriens (ou les gens qui sont par la suite venus à être connus comme les Doriens) s'est établi dans le Péloponnèse et la Crète longtemps après la date présumée de la Guerre de Troie. Ce qui semble vraiment probable est que les Doriens étaient les gens de l'Europe où beaucoup de noms de lieu semblent évoquer leur présence : Doorn en Hollande, Doornik en Belgique, Dorchester en Angleterre.

La civilisation antique de la Crète a été appelée "Minoenne" d'après la "race de Minos." Il y a des ruines là maintenant qui sont appelées par le nom Homérique de Cnossos ou Cnossus, mais peuvent-elles vraiment être la ruine du palais de Minos, ou le grand labyrinthe pour lequel la Crète était célèbre ?

Le Labyrinthe

Des centaines de dédales et de labyrinthes sont éparpillés à travers l'Europe, dans certaines régions d'Afrique, d'Asie et des Amériques. Ils sont composés de gazon, de haies, de pierres, de briques, ou de motifs carrelés sur le sol. Des labyrinthes ont été peints sur et gravés dans le roc à des périodes incroyablement anciennes. L’ une des représentations les plus anciennes que j’ ai trouvée a été gravée sur un bracelet en ivoire de mammouth il y a 20.000 ans. Ce bracelet a été trouvé à Mezin, en Ukraine. Cette pièce présente le dessin d’ une magnifique “grecque” ou dessin de dédale, qui est le précurseur de tous les labyrinthes actuellement connus.

Ce que la plupart des gens connaissent du dédale ou labyrinthe, provient du mythe de Thésée et Ariane. Brièvement, l’ histoire parle du roi de Crète, Minos, qui avait exigé le tribut d’ Athènes après avoir détruit cette dernière au cours d’ une guerre. Le tribut consistait en un envoi annuel de sept jeunes garçons et sept jeunes filles qui devaient être sacrifiés au Minotaure: ils étaient envoyés dans le labyrinthe, lieud’ habitation de la bête et spécialement construit pour elle, par le grand architecte Dédale. Le labyrinthe avait été construit si intelligemment que Dédale lui-même éprouvait des difficultés à s’ y retrouver. Les jeunes gens d’ Athènes erraient dans ce labyrinthe, jusqu’ à ce que le Minotaure, mi-taureau (pour la partie supérieure du corps), mi-homme (pour la partie inférieure), les trouvât et les dévorât.

Par parenthèse, nous voudrions attirer l’ attention du lecteur sur le fait que ce grand architecte Dédale, était parent d’ un roi nommé Minos. Un autre roi, nommé Ménès, avait été le grand unificateur de l’ Egypte, et constructeur de la grande cité de Memphis, et d’ un fameux temple dédié à Héphaïstos dans cette ville. Cela s’ est passé approximativement en 3.100av.J.C. et nous nous demandons sil’ image de l’ être mi-taureau, mi-homme ne nous indiquerait pas une date, celle où la constellation du Taureau a été “coupée en deux” pour faire place à Ariès, le bélier, qui représente Agni, dieu du feu. Héphaïstos est, après tout, la version grecque du dieu forgeron. Découvrir d’ une part un grand architecte connecté, même indirectement, à un grand unificateur de deux royaumes et constructeur d’ un grand temple, et d’ autre part ayant un rapport avec un autre roi dont le nom est similaire et constructeur d’ un grand labyrinthe relié àla manifestation de certains pouvoirs ayant à voir avec le son et la pesanteur et les pierres, etc., nous pousse naturellement à faire des liens entre ces matières et le mythe de Salomon et Hiram Abiff, et l’ Arche d’ Alliance. Lorsque nous pensons au Temple de Salomon (au sujet duquel nous apprendrons bientôt beaucoup de choses intéressantes), qui a été construit pour y abriter l’ Arche d’ Alliance, et lorsque nous pensons au labyrinthe, qui a été construit pour abriter un monstre, nous nous demandons bien sûr où tout cela nous mène! Nous notons aussi que les victimes du roi Minos de Crète étaient des“Athéniens” et nous nous souvenons de ce que Platon avait dit au sujet de la guerre entre l'Atlantide et “Athènes”, même si nous pensons qu’ il ne s’ agissait pas des Athéniens tels que nous les connaissons. Comme Gog et Magog, nous commençons à nous demander d'où ces histoires sont venues.

Selon le mythe, le dédale n’ avait été construit que pour une seule raison: y cacher le Minotaure, qui était une source d’ horreur et de honte pour Minos, dont la femme avait donné naissance au monstre après avoir copulé avec un taureau. Ceci manque vraiment de logique, car les victimes étaient rassemblées en public et apparemment, tout le monde était au courant de l’ existence du Minotaure.

Des fouilles faites à Cnossos ont révélé l’ existence d’ un culte pratiqué dans un“palais” en forme de labyrinthe comprenant des centaines de chambres et de couloirs. Il est orné d’ innombrables images de taureaux en bas-reliefs, petites sculptures, récipients en forme de taureau, sceaux et empreintes de sceaux représentant des taureaux, et aussi des cornes de taureau stylisées. Toutes ces choses qui relient la dynastie de Minos à des taureaux suggèrent que la vitalité des rois minoens, tout comme celle des pharaons de l’ ancienne Egypte, était assimilée au dieu-taureau. Qui plus est, d’ anciens auteurs grecs ont dit que le labyrinthe de Minos était inspiré d’ un original qui se trouvait en Egypte du nord. Il reste très peu de chose de cette merveille égyptienne: jusque quelques parcours de brique. Ce qu’ Hérodote en adit est tout à fait fascinant:

Libérés après le règne du prêtre d’ Héphaïstos, les Egyptiens, puisqu’ ils ne pouvaient pas vivre sans avoir de roi, désignèrent douze souverains après avoir divisé l’Egypte en douze parties. Ces rois firent des mariages inter-familiaux et régnèrent, s’ étant mis d’accord pour qu’aucun d’ entre eux ne déposent un autre par force, et ne cherche pas à tirer avantage de l’ un ou de l’autre, mais qu’ils vivraient en parfaite amitié; la raison pour laquelle ils firent ces arrangements les gardant de toute agression était qu’ un oracle leur avait été rendu avant qu’ ils ne commencent à exercer leur règne, selon lequel celui qui dans le temple d’ Héphaïstos ferait une libation avec une coupe de bronze serait le roi de toute l’Egypte (car ils avaient l’habitude des’ assembler dans tous les temples).

En outre, ils décidèrent de se rassembler et de laisser un mémorial d’eux-mêmes; et après cette résolution ils décidèrent de faire construire un labyrinthe situé un peu au-dessus du Lac Moeris et pratiquement en face de la cité appelée Cité des Crocodiles. Cela, je l’ ai vu moi-même, et je l’ ai trouvé tellement grandiose que les mots ne peuvent le décrire. Car si l’on devait rassembler et compter toutes les constructions et monuments produits par les Hellènes, tout cela n’atteindrait pas ce labyrinthe en valeur et en travail, quoiqu’ en vérité le temple d’Ephèse et celui de Samos soient des ouvrages dignes d’ attention.

Les pyramides elles aussi sont d’une grandeur indicible, et chacune d’entre elles vaut de nombreux ouvrages exécutés par les Hellènes, aussi grands qu’ ils soient, mais le labyrinthe surpasse tout, même les pyramides Il a douze cours couvertes, avec des portes qui se font face: six sur le côté nord et six sur le côté sud, donnant l’une sur l’ autre, et la même muraille les entoure toutes à l’extérieur; et il y a, dans le labyrinthe, deux sortes de salles: une sorte sous la terre et l’autre sorte au-dessus de celle-ci. Il y en a trois mille: quinze cents de chaque sorte .L’ ensemble de salles supérieures, nous les avons vues nous-même en les parcourant, et nous en parlons les ayant regardées de nos propres yeux; quant aux chambres souterraines, nous en avons seulement entendu parler, car les Egyptiens qui les gardaient n’ ont voulu sous aucun prétexte les montrer, disant qu’elles contenaient les tombeaux des rois qui étaient à l’ origine de la construction du labyrinthe et ceux des crocodiles sacrés

Dès lors, nous parlons des salles inférieures par ouï-dire, tandis que les supérieures nous les avons vues nous-même et les avons trouvées plus grandioses que tout autre ouvrage humain. Car les passages d’ une salle à l’ autre et les allées entre les cours, qui étaient admirablement ornés, offraient au regard d’ innombrables objets d’ émerveillement à mesure que nous allions d’ une cour aux salles qui se trouvaient au delà, et de ces salles aux colonnades, et des colonnades à d’ autres salles, et de ces salles à d’ autres cours encore. Au-dessus de tout cela il y a un toit, en pierre comme les murs, et les murs sont couverts de figures sculptées; et chaque cour est entourée de piliers en pierre blanche assemblés à la perfection, et à la fin du labyrinthe, près du coin, il a une pyramide de quarante brasses (73m20), sur laquelle de grandes figures sont sculptées, et vers celle-ci il y a un chemin souterrain..[1]

Qu’ est-ce qu’ Hérodote a bien pu décrire là? Il a déclaré que tous les grands travaux architecturaux des Grecs et des Egyptiens, y compris les pyramides, étaient “inférieurs en ouvrage et en valeur à ce labyrinthe”. Notons aussi qu’ il n’ est fait allusion nulle part à des taureaux cachés dans le labyrinthe égyptien: au lieu de cela, dans les salles dissimulées sous la terre il y avait “les tombeaux des rois qui étaient à l’ origine de la construction de ce labyrinthe, et des crocodiles sacrés”. Diodore nous raconte une histoire quelque peu différente à propos la construction du fameux labyrinthe:

A la mort du roi, le gouvernement tomba aux mains des Egyptiens, qui choisirent un roi autochtone: Mendès, que certains nomment Marès. Bien qu’ il n’accomplît aucun exploit militaire, il construisit lui-même un tombeau, qui a été appelé le Labyrinthe, un édifice merveilleux, non tant pour sa taille, que pour l’habileté déployée dans sa construction; car une fois à l’ intérieur, il est impossible de trouver sans difficulté le chemin de la sortie, à moins de faire appel aux lumières d’un guide le connaissant parfaitement. Certains disent même que Dédale fit la traversée jusqu’ en Egypte et qu’émerveillé par l’habileté déployée dans cette construction, il fit construire pour Minos, roi de Crète, un labyrinthe semblable à celui d’ Egypte, et dans lequel certains disent que la créature nommée Minotaure fut gardée. Quoi qu’ il en soit, le labyrinthe crétois a complètement disparu, soit sur la décision d’ un gouvernant, soit qu’ il ait subi les ravages du temps; mais le labyrinthe égyptien est resté absolument parfait dans sa construction tout entière, et ce jusqu’ à mon époque. […]

Car ils ont choisi un emplacement près du canal qui mène au Lac Moeris en Libye, et ils ont construit ce tombeau dans le pierre la plus belle, dessinant un rectangle dans la forme et choisissant un stade 194 pour la longueur de chaque côté, tandis qu’en ce qui concerne les sculptures et autres objets d’ art, ils n’ ont laissé à leurs successeurs aucune possibilité de les surpasser. Car ,une fois passée l’ enceinte sacrée, l’on trouve un temple entouré de colonnes: quarante de chaque côté, et cette construction possédait un toit fait d’ une seule pierre, avec des panneaux sculptés et richement décorés d’ excellentes peintures. Il contenait des oeuvres commémoratives provenant de la patrie de chacun des rois, ainsi que des temples et des sacrifices qui s’y déroulaient, tout cela habilement représenté par des peintures de la plus grande beauté. L’ on dit généralement que les rois accordaient à leur tombeau des richesses et des proportions tellement prodigieuses que s’ ils n’avaient pas été déposés avant son achèvement, ils n’ auraient pas été capables de laisser à leurs successeurs aucune opportunité de les surpasser en prodiges architecturaux..[2]

Et voici le compte rendu de Strabon:Outre ces choses, il y a l’édifice du labyrinthe, une construction qui égale tout à fait cette des pyramides et proche du tombeau du roi qui bâtit le Labyrinthe. Il y a, à l’endroit où l’on entre d’ abord dans le canal, à environ 30 ou 40 stades (1) sur le chemin, un site plat, en forme de trapèze, qui contient un village et un grand palais composé de nombreux palais, d’ un nombre égal à celui des nomes de jadis; car tel est le nombre des cours à péristyle, contiguës l’une à l’autre, en une seule rangée et adossées à un seul mur, comme si l’on avait un seul mur avec des cours devant, et les passages vers les cours se trouvent en face du mur. Avant les entrées, il y a ce que l’ on appelle les salles cachées, qui sont longue set nombreuses, et il y a des passages qui vont de l’ une à l’ autre, sinueux et tortueux ,de sorte que personne ne peut entrer dans la cour ni en sortir sans l’ aide d’un guide. Et ce qui est surprenant dans tout cela, c’ est que le toit de chaque salle est fait d’ une seule pierre, et que la largeur des salles cachées est soutenue de la même manière par des poutres monolithiques d’une taille extraordinaire; car nulle part le bois ou un autre matériau n’a été utilisé. Et si l’ on monte sur le toit, qui ne se trouve pas très haut parce que la construction n’ a qu’un seul étage, il est possible de contempler une plaine de maçonnerie composée de telles pierres, et si l’on redescend de là vers les cours, il est possible de les voir allongées là en rangées dont chacune est soutenue par27 piliers monolithiques; les murs aussi sont faits en pierres d’ une taille considérable.

Au bout de cette construction qui occupe une zone de plus d’un stade, se trouve le tombeau, une pyramide de base rectangulaire dont chaque côté mesure 4 "plethra" de long, et la hauteur est à peu près de la même mesure. L’homme qui y est enseveli s’appelait Imandès. Il paraît que la raison pour laquelle il y a de si nombreuses cours est qu’il était habituel pour tous les nomes de se rassembler là selon leur rang avec leurs propres prêtres et prêtresses, pour des sacrifices, des offrandes divines, et rendre des jugements sur les matières les plus importantes. Et chaque nome était logé dans la cour qui lui était destinée

Et au-dessus de cette cité se trouve Abydos, dans laquelle il y a le Memnonium, un palais merveilleusement construit en pierres massives, de la même manière que le Labyrinthe dont nous avons parlé, bien que le Memnonium soit différent car sa structure est plus simple.[3]

Pline nous donne encore une autre version des récits concernant cette fabuleuse structure:

Parlons également des labyrinthes, des ouvrages parmi les plus extraordinaires, pour lesquels des hommes ont dépensé des fortunes, mais qui ne sont pas, comme l’ ont pensé certains, des produits de l’imagination.

Il existe encore de nos jours en Egypte, dans le Nome héracléopolite, le premier labyrinthe construit selon la tradition: il y a 3.600 ans, par le roi Petesuchis ou Tithois, bien qu’ Hérodote attribue l’ ouvrage tout entier aux Douze Rois et à Psammétique, le dernier d’ entre eux. Diverses raisons ont été attribuées à cette construction. Démotélès prétend qu’elle a été le palais de Motéris, et Lycéas qu’ il s’ agit du tombeau de Moéris, mais la majorité des auteurs considèrent qu’elle a d’ abord été un temple du Soleil, et cela est généralement accepté.

De toute manière, que Dédale l’ait pris pour modèle du labyrinthe qu’ il a construit en Crète est hors de doute, mais il est également clair qu’il n’en a imité que la centième partie, qui contient des couloirs tortueux et des passages qui avancent et reculent, le tout impossible à négocier. La raison n’en est pas que sur une petite étendue l'on ait voulu faire un mile de promenade, comme nous le voyons sur les sols pavés de mosaïques, ou bien comme dans les parades données par des jeunes gens sur le Campus mais bien que, fréquemment, des portes y sont dissimulées pour égarer le visiteur qui avance puis est forcé de retourner sur ses pas en suivant les mêmes chemins tortueux.

Celui-ci a été le deuxième labyrinthe construit après le labyrinthe égyptien, le troisième se trouvant à Lemnos et le quatrième en Italie; et tous sont couverts de voûtes en pierre polie, bien qu’à ma grande surprise, dans le spécimen égyptien l’ entrée et les colonnes soient en marbre de Paros, tandis que le reste est en granit d’Assouan, toutes ces masses étant assemblées de manière telle que le temps lui-même ne pourra les désassembler, même avec l’ aide des Héracléopolitains, car ceux-ci ont toujours eu une haine extraordinaire pour cette construction.

Il serait impossible de décrire dans le détailla disposition de cette construction et toutes ses parties distinctes, car elle est divisée en régions et districts administratifs appelés“nomes”, chacun des 21 nomes ayant donné son nom à l’un des édifices. Une autre raison est qu’ elle contient également des temples dédiés à tous les dieux de l’ Egypte, et que, de plus, Némésis a placé dans les40 chapelles de la construction, de nombreuses pyramides de 40 ells chacune, couvrant de leur base, une zone de 6arourae. Les visiteurs sont déjà fatigués parle voyage dans cet étonnant dédale de chemins; en effet, il y a des chambres élevées à l’ étage, qui sont atteintes par des rampes et des portiques dont on descend par des escaliers de 90 marches chacun; à l’intérieur se trouvent des colonnes de porphyre impérial, des représentations de dieux, des statues de rois, et des représentations de monstres. Certaines des salles sont arrangées de manière telle que lorsqu’on ouvre une porte, on entend un terrifiant bruit de tonnerre; en outre, on les parcourt la plupart du temps dans l’obscurité.

Il y a encore d’ autres constructions massives à l’ extérieur du mur du Labyrinthe; on les appelle “L’ Aile”.Ensuite, il y a d’autres salles souterraines qui ont été faites en creusant des galeries dans le sol. Une seule personne y a fait des réparations et il y en a eu peu. Il s’agit de Chaermon, l’ eunuque du roi Necthebis, 500ans avant Alexandre le Grand. Une tradition dit aussi qu’il a fait soutenir les toits avec des poutres de bois d’ acacia bouilli dans l’huile, jusqu’ à ce que les pierres parallélépipédiques puissent être hissées dans les voûtes..[4]

Ici nous avons un petit problème. Remarquez que Pline nous assure qu’ Hérodote avait tort, non seulement quant à l’ identité de la personne qui a fait bâtir le labyrinthe, mais aussi quant àl’ époque de sa construction. Pline dit qu’ il date de près de quatre mille ans avant son époque. Il fait aussi la remarque très intéressante que la construction a été regardée avec une haine extraordinaire. Cela serait certainement justifié dans le cas d’ une structure utilisée pour de terribles sacrifices. Pline mentionne le mythique labyrinthe de Crète, bien qu’ il soit certain que le temple de Cnossos, identifié comme étant le labyrinthe, par Arthur Evans, eût disparu depuis longtemps du paysage au temps de Pline. Il semble que Pline, comme tous les autres, ait pris pour argent comptant les légendes du labyrinthe de Crète. Certainement, rien n'a jamais été trouvé en Egypte qui ressemble même à distance ce que ces auteurs décrivaient et même les ruines pitoyables que plusieurs archéologues ont revendiqué être ce qui est laissé(quitté) de la structure "ne font pas l'affaire" à tous égards.

Nous avons donc trouvé que les premiers écrits connus qui parlent du labyrinthe seraient les écrits de l’ historien grec Hérodote, vers 450 avant l’ ère chrétienne. Il décrit un grand labyrinthe situé en Egypte, sur l’ ancien site d’ Arsinoé, sur la rive orientale d’ une grande étendue d’ eau: le Lac Moéris. Le labyrinthe était construit comme un grand palais divisé en compartiments:3.000 salles diverses, dont 1.500 sur le sol et 1.500 sous le sol. Les fondations devaient avoir approximativement 1000pieds (300 m) de long sur 800 pieds (240m) de large. Il prétend qu’ il a été construit par Ammenemès III, de la douzième dynastie du Moyen Empire, vers2.300 av. J.-C. Il dit ensuite que sa destination première était de servir de tombeau, et que de nombreux rois y ont été ensevelis. Pline confirme le rendu d’ Hérodote dans ses écrits sur les quatre fameux labyrinthes de l’ antiquité, vers 50 de l’ ère chrétienne. Les ruines de la cité d’ Arsinoé ont été fouillées, mais aucun grand labyrinthe tel que décrit par Hérodote n’ y a jamais été trouvé.

Flinders Petrie a fait d’ importantes fouilles sur le site de la cité d’ Arsinoé en1888, mais il n’ y a jamais découvert le site fantastique décrit par Hérodote. Petrie n’ a trouvé qu’ un vaste lit de fragments dont il a estimé qu’ il s’ agissait du labyrinthe. Le corps d’ Ammenemès IIIa, suppose-t-on, été découvert, ce qui corroborerait les écrits d’ Hérodote. Une partie suffisante des fondations originales a été excavée à propos, pour pouvoir confirmer qu’ elles mesuraient bien 1.000pieds X 800, c’ est à dire exactement les dimensions données par Hérodote! Il a été impossible de déterminer s’ il s’ agissait bien d’ un labyrinthe.

Plus récemment, des égyptologues ont décidé que la pyramide dite “Pyramide d’ Hawara" est le fameux labyrinthe égyptien, mais cela n’ a aucun sens. Hérodote, Diodore, Strabon et Pline décrivent tous une structure tellement merveilleuse qu’ il nous est difficile de ne pas accorder quelque crédit à leurs descriptions. Les diverses prétendues découvertes de “vestiges” de cette structure ne correspondent pas du tout aux descriptions, même si, comme Hérodote dit, c'était seulement l'ouï-dire.

Les propositions diverses pour ce qui doit être "les vestiges" de la structure ne correspondent pas du tout aux descriptions..

Les experts modernes pensent que le Lac Moéris est en fait le Lac Qarun, le troisième lac d’ Egypte en étendue, qui est situé dans le Fayoum. Si c’ est le cas, alors nous pouvons nous demander pourquoi il n’ y a aucun vestige de ce labyrinthe dont Pline dit qu’ il “était revêtu de marbre de Paros, tandis que le reste était en granit d’ Assouan, toutes ces masses étant assemblées de manière telle que le temps lui-même ne pourra les désassembler, même avec l’ aide des Héracléopolitains, qui ont cependant une haine extraordinaire pour cette construction”.

Bien sûr, il y a peut-être ici un indice:si cette construction était si haïe, il est bien possible qu’ elle ait été détruite délibérément, mise en pièces, et emportée bloc par bloc.

En résumé, il semble que la légende du labyrinthe qui abritait une horrible créature soit inspirée du labyrinthe égyptien et nous soupçonnons maintenant que l'emplacement de ce labyrinthe n'était pas en Egypte que nous connaissons maintenant comme l'Egypte. 

Dans les mythes du labyrinthe, le plus célèbre des exploits architecturaux de Dédale, il est dit que le Roi Minos l'a emprisonné dans le labyrinthe pour avoir aidé Thésée à fuir. Dédale et son fils parviennent à s'échapper en fabriquant des ailes avec des plumes et de la cire, mais son fils se tue en tombant dans la mer quand la cire a fondu et que les plumes se sont dispersées. 

Encore une fois nous observons une similitude troublante entre l'histoire de Minos et son grand architecte Dédale et celle de Salomon et son grand architecte Hiram Abiff. Nous voyons dans l'histoire de Menés/Narmer non simplement une forte ressemblance, mais aussi des développements historiques qui, bien que non spécifiés, nous font penser que le mythe de Thésée, Ariane, Dédale et le Minotaure dans le labyrinthe, concerne en fait Menés et son labyrinthe en Egypte - quoique l'Egypte d'un temps et d'un lieu différents

Le Secret de la Crète

Pendant des siècles, les histoires du Minotaure ont été récitées par les bardes sur les places de marché dans les régions méditerranéennes. Par la suite, les érudits les ont considérées comme fables et billevesées. Les histoires de sacrifices humains et créatures grotesques furent réinterprétées comme des récits symboliques rendant la manière dont la haute culture grecque était venue à bout du culte sanglant rendu au taureau par les anciens Crétois. Et c’ est ainsi que le sujet fut interprété jusqu’ à ce qu’ Arthur Evans découvre et remette au jour le“palais” de Cnossos, quelques kilomètres au sud de la capitale de la Crète:Héraklion. (Notons que Pline mentionne les habitants d’ une cité égyptienne nommée Héracléopolis.)

Néanmoins, Arthur Evans bannit le mythe du Minotaure avec sa découverte.

A partir des vestiges de douze cents chambres machiavéliquement interconnectées, escaliers, corridors, magasins, salles à colonnades, et celliers groupés autour d’ une cour intérieure; et à partir des arrangements de peintures murales montrant des combats de taureaux, des scènes montrant des animaux, des processions et des portraits, Evans reconstruisit la culture minoenne devant les yeux ébahis du monde entier. D’ après les analyses faites par Evans, les bardes grecs qui avaient raconté ces méchantes histoires à propos des Crétois étaient un tas de gredins! Les innombrables batailles entre Thésée et le Minotaure peintes sur des vases classiques, sur des murs, sur des mosaïques, des reliefs, des bijoux et des monnaies, tout cela était manifestement

des fruits de l’ imagination pure.

Il y eut, bien sûr, quelques critiques à propos de la reconstruction d’ Evans, mais dans les grandes lignes, personne ne douta vraiment que le labyrinthe retrouvé à Cnossos était la demeure de la famille royale crétoise: un palais. Plus encore, le monde de l’ époque d’ Arthur Evans fut ébahi devant la culture avancée des Minoens. Ils avaient des systèmes de drainage, des salles de bain, des fresques montrant des femmes dans des toilettes extravagantes qui étaient en fait similaires à celles qui étaient à la mode au temps de la découverte: seins nus et jupes longues. Les femmes de Cnossos se maquillaient et vivaient dans des villas campagnardes qui n’ étaient pas défendues par des murs– un signe d’ une vie gracieuse, par opposition aux sinistres citadelles des Grecs d’ époques ultérieures. Clairement, les Minoens habitaient dans un pays où coulaient le lait et le miel, et ils menaient une vie insouciante consacrée aux sports, aux arts, et à l’amour dans le royaume ensoleillé de Minos, véritable Salomon, avec son génial architecte Dédale.

Il n’ y eut qu’ une seule voix pour s’ élever contre l’ idée universellement acceptée d’ une vie joyeuse et sans soucis de ces surprenants Minoens: Oswald Spengler.

Dans son livre World History of the Second Millennium BC (Histoire Mondiale du Second Millénaire av. J.-C.), publié en1935, Spengler fit des spéculations sur les découvertes archéologiques de Crète. Il avait noté l’ absence de murs protecteurs autour des anciens palais et villas campagnardes crétois; Il avait noté les peintures représentant des taureaux, réminiscences de l’ ancienne légende du Minotaure; Il avait noté ce trône royal particulier dans le Palais de Cnossos, qui, selon lui, aurait mieux convenu à “’ l’ image votive de la momie d’ un prêtre” Et puis il posa la question: “est-ce que les “palais”de Cnossos et de Phaïstos auraient été des temples des morts, des sanctuaires d’ un culte puissant de l’ au-delà? Je neveux pas trancher ici, car je n’ ai aucune preuve, mais la question me semble mériter plus ample considération”.

Mais cette suggestion fut ignorée.

D’ après les experts, la position de la Crète était particulièrement favorable à la domination minoenne supposée de la mer, et à la croissance et au développement de leur merveilleuse civilisation. Elle fut proclamée “carrefour” reliant trois continents; et tous les éléments raciaux et culturels d’ Europe, d’ Asie et d’ Afrique se rencontrèrent et se fondirent dans le creuset crétois. C’ est ce mélange qui produisit un merveilleux nouvel art de vivre, une nouvelle philosophie, des arts nouveaux, et la “fraîcheur, le charme et la variété” qui charmèrent le monde.

Le royaume minoen fut détruit par la terrible éruption du volcan de Santorin, dont nous discuterons bientôt en détail, et après cela, aucun des “palais” minoens ne fut plus ré-habité. Il semble que les Minoens d’ origine se soient enfuis pour ne jamais revenir, et ensuite commença la période purement grecque de la Crète, avec l’ arrivée de vagues de Doriens.

D’ après Homère, Idoménée, petit-fils du roi de Cnossos, combattit aux côtés des Achéens contre les Troyens. Dans le fameux catalogue de navires que l’ on peut lire dans l’ Iliade, les Crétois se trouvent sur la liste avec le reste des Achéens, et non en tant qu’ auxiliaires étrangers. Il n’ y a absolument aucune indication contredisant le fait que les Crétois sont en réalité des Danaens, c’ est à dire des Achéens ou des Grecs. Avant les découvertes d’ Arthur Evans, il n’ y avait aucune indication que les Minoens n’ étaient pas des Grecs. Mais après ses fouilles, une telle idée ne peut plus prévaloir. Ils n’ étaient clairement pas des Grecs. La question que chacun se pose est: qui étaient vraiment les Minoens et où se rendirent-ils?

Dès le début des fouilles il apparut que ce qui avait été découvert à Cnossos était si fondamentalement différent des arts et objets d’ art de la Grèce classique, qu’ il n’ y avait tout simplement pas moyen de les comparer. La couleur brun-doré de la peau des Minoens, sur les fresques du palais de Cnossos était un signe distinctif de leur nature étrangère pour les Grecs. Ils n’ avaient pas les cheveux blonds des Achéens, mais avaient la peau brune et les cheveux foncés. Evans ne trouva aucun temple, aucune grande sculpture, aucun amphithéâtre pourvu de banquettes, aucune inscription chantant les hauts-faits des dieux et des grands hommes, et aucun personnage familier des panthéons grecs.

Au lieu de cela, Evans découvrit d’ étranges colonnes se terminant en cône tronqué vers le bas, et une architecture à nulle autre pareille dans ses formes et ses utilisations de l’ espace. Ils trouva des magasins remplis de jarres gigantesques- des pithoi – des dépôts de tablettes d’ argile contenant des listes statistiques sans fin, sans indication d’ aucun personnage historique ni référence mythologique. Il trouva de curieuses statuettes de femmes aux seins nus et tenant en main des serpents.

Des ressemblances avec les découvertes faites à Mycènes et à Tirynthe dans le Péloponnèse ont mené certains experts à penser que les seigneurs des citadelles de Mycènes et de Tirynthe avaient visité la Crète: Les fresques de femmes à Tirynthe, avec leurs longues chevelures noires, seins nus et tailles fines; les dauphins, fleurs de lotus et motifs en spirale; et tout particulièrement les doubles boucliers, montraient clairement la griffe d’ artistes crétois.

Cnossos ne permettait aucun parallèle avec d’ autres cultures connues à l’ est de la Méditerranée. Les Minoens étaient quelque chose d’ entièrement différent. La seule comparaison possible, en termes d’ élégance du mode vie, était avec la Grèce ou l’Egypte. Mais les gens qui avaient vécu à Cnossos étaient très différents tant des Grecs que des Egyptiens. Il n’ y avait à Cnossos, aucune momie, aucune pyramide, aucun sphinx ni obélisque, aucune statue monumentale de divinité ou de pharaon, aucun mur couvert de hiéroglyphes à la gloire de gouvernants.

Arthur Evans pensa que quelque chose avait dû empêcher les échanges culturels et de civilisation. Il en vint à penser que les habitants de Cnossos avaient atteint un niveau de civilisation unique à l’ Age de Bronze moyen ou tardif, et devaient posséder des outils techniques étonnamment modernes. La question se posa une nouvelle fois: qui étaient-ils et où s’ en étaient-ils allés? Qu’ était-il arrivé aux Minoens?  Tacite nous dit :

Certains disent que les Juifs étaient des fugitifs de la Crète, qui se sont installés sur la côte la plus proche de l'Afrique vers l'époque où Saturne a été déplacé de son trône par le pouvoir de Jupiter. La preuve de cela est cherchée dans le nom. Il y a une montagne célèbre en Crète appelée Ida; la tribu voisine, l'Idaei, vint à être appelée Judaei par un allongement barbare du nom national.[5]

En 1974, Hans Georg Wunderlich, professeur de géologie et de paléontologie à l’ Université de Stuttgart, publia The Secret of Crete. Ce livre était le résultat des nombreuses observations qu’ il avait faites au cours de son séjour en Crète, du point de vue d’ un géologue. Il y avait beaucoup de choses bizarres dans ce“palais” de 1.200 salles. Une des choses que son oeil de géologue nota immédiatement, fut que les marches du“palais” étaient en albâtre douce, mais ne montraient aucune trace d’ usure! Il y avait de nombreuses entrées, mais elles étaient scellées par des dalles de pierre. Il y avait des “baignoires” équipées de trous de vidange, mais il n’ y avait pas de canalisations! Il trouva des rangées de vaisselle, mais pas de cuisines. La liste se poursuit, et j’ invite le lecteur à lire ce livre pour y consulter la longue analyse. Wunderlich cite le journal de voyage en Crète d’ un certain Thomas Munster:

Qu’ en est-il de l’ accès à l’ air, au soleil et à la lumière, dans ce palais? Par exemple, où sont les grandes fenêtres sans lesquelles il est difficile d’ imaginer un mode de vie élégant? Lorsqu’on y regarde de plus près, oui le palais a des loggias ouvertes, des salles à colonnades, des cours sous toit, mais il n’ y a que de rares fenêtres. De nombreuses salles sont si complètement enfermées dans la structure complexe, qu’ elles ne touchent même pas à un mur extérieur. Il y a quelque chose de très bizarre dans l’ idée d’ une construction luxueuse dont les gens à l’ intérieur devaient certainement se sentir comme dans une caverne. Et cependant, ils avaient les moyens de construire des fenêtres tout à fait modernes, peut-être même avec des vitres de verre

Dans un état de dévastation, cet endroit a dû ressembler à un ensemble de cavernes artificielles entremêlées, dans lequel personne ne pouvait trouver son chemin vers la sortie... et l’impression de mystère, de grandeur et de confusion doit avoir été complète.

Aucun matériau ne fut emporté de Cnossos par les paysans des villages voisins... Cet endroit fut évité avec soin, dans une crainte superstitieuse.

Que s’ est-il produit exactement? Pourquoi Cnossos a-t-il été évité comme le sont les endroits où se sont élevé jadis des échafauds, ou encore les clairières où dansaient des sorcières? Le mystère reste entier..[7]

Finalement, Wunderlich en vint à la conclusion, basée sur l’ évidence objective, que le “palais” du roi Minos, ainsi qualifié par Evans, était en fait une nécropole. Cet endroit n’ avait jamais été destiné aux vivants, mais était un lieu où un puissant culte des morts avait été pratiqué, avec des sacrifices élaborés, des rites funéraires et des jeux rituels funèbres. Il réalisa que la légende crétoise était exacte dans son essence, qui disait que ce n’ était pas “une demeure pour un sage souverain protecteur des arts et des sports” mais bien un endroit sinistre appartenant totalement au monde infernal et à un dieu dévoreur. Autrement dit, ce lieu avait, auprès des civilisations méditerranéennes, la même réputation qu’ ont dans notre société un cimetière et un mausolée. Tout comme notre société raconte des “histoires de fantômes autour d’ un bon feu”, d’ apparitions terrifiantes dans nos cimetières ou “cités des morts”,ainsi des récits semblables avaient cours en Crète où les seuls résidents étaient les“entrepreneurs de pompes funèbres”, les embaumeurs et les experts en soins aux défunts et vie dans l’ au-delà. La Crète n’ avait pas besoin de murs de défense parce qu’ elle était l’ endroit où d’ autres cités et pays apportaient leurs morts pour la “pratique du culte”. Il se peut également qu’ elle ait été un endroit où se pratiquaient des sacrifices humains, toujours dans le cadre d’ un culte. Wunderlich fait part de ses propres observations:

J’ avais eu l’ intention de visiter les sites minoens pour y chercher des traces de catastrophes géologiques, mais ce que j’y ai découvert sont de curieuses contradictions. Est-ce que les complexes labyrinthiques excavés ont vraiment été les résidences royales de glorieux souverains, du légendaire Minos et de ses frères, Sarpédon et Rhadamanthès? En fait, est-ce qu’ on pouvait réellement voir ces endroits comme des résidences? Mes observations géologiques confirmèrent le contraire: des lieux de culte, des tombeaux, des lieux sanctifiés, oui; mais pas des lieux de résidence pour des vivants. Une comparaison avec d’ autres cultures méditerranéennes suggère un culte des morts […] Cela signifierait alors que la culture minoenne, dans la mesure où nous la connaissons, était presque entièrement un culte funéraire..[8]

Lorsqu’ il se pose la question de savoir ce qui est arrivé aux Minoens, Wunderlich souligne que ce serait une erreur de penser que, simplement parce qu’ une institution arrive à sa fin et que les constructions caractérisant une civilisation sont détruites, cela signifie lafin des peuples eux-mêmes. Les institutions meurent quand elles n’ ont plus de “fonction vivante”. Au vu de la destruction presque complète de la région à la suite de l’ éruption du volcan Santorin, il est bien plus probable, comme le dit Wunderlich, qu’ il y ait eu un“changement de fonctions” et un“abandon des idées et comportements traditionnels”. En d’ autres termes, si un culte funéraire disparaît dans un cataclysme, il est très probable que les pratiquants de ce culte en viennent à la conclusion qu’ un changement de philosophie est nécessaire, et qu’ ils“naissent” alors à un culte nouveau et différent, considéré comme moins susceptible d’ attirer des réactions aussi désastreuses de la part des “divinités”.Et en fait, c’ est bien ce qui paraît s’ être produit.

Vu toutes les évidences présentées par Wunderlich, nous ne pouvons plus considérer la Crète comme une anomalie, une civilisation isolée dans la région méditerranéenne. Nous en arrivons au contraire à la surprenante conclusion que la Crète a joué un rôle d’ une importance capitale dans le contexte de ces époques. De nombreux liens sont faits entre les Minoens, les Etrusques, les Mésopotamiens, les Egyptiens et les Grecs. En outre, Wunderlich apporte un nombre considérable de preuves démontrant que la civilisation crétoise est née en Egypte et a eu des interactions avec celle-ci pendant longtemps.

Les Minoens étaient un peuple de gens sombres, élégants et de mystérieuse origine. Même leur nom ancien est inconnu: c’est un archéologue des temps modernes, Arthur Evans, qui leur a donné ce nom tiré de la mythologie grecque.. [...][9]

Vers 3.200 av. J.C., un grand nombre de nouveaux arrivants mirent pied en Crète. Leurs symboles religieux: le trident, la double hache, le bouclier en forme de 8,étaient ceux des tribus du Delta de Basse-Egypte. La déesse libyenne, avec sa lance, son serpent, son fuseau et son tablier en peau de chèvre, les accompagna et elle resta une de leurs divinités principales. Autres preuves de l’ origine égyptienne ou libyenne des nouveaux-venus: la coutume des soldats de rassembler leur chevelure en une longue boucle ramenée sur une épaule, et leur manière de s’ habiller d’ un pagne de forme particulière au lieu d’ un kilt. Il est probable que ces gens aient fui les régions de Basse Egypte conquises par Ménès. Ils se mélangèrent aux Crétois néolithiques des montagnes et formèrent ainsi la civilisation crétoise..[10]

En revenant en Crète, nous avons noté que les ruines sur la Crète que nous connaissons maintenant par ce nom, ne soutiennent tout simplement pas les légendes du labyrinthe, les histoires ne correspondent pas non plus avec les faits archéologiques connus. La culture décrite par Homère ressemble si peu au Minoen ou à la culture de Mycènes que John Chadwick a abandonné par dégoût et a déclaré Homère un menteur.

Dans la lecture de la description d'Homère de la Crète, nous constatons qu'il ne parle pas même d'une île, mais plutôt "une terre énorme entourée par l'eau." Il utilise cette description seulement pour la Crète. L'adjectif grec utilisé, Perirrutos, signifie en réalité "la mer gort" ou "avec l'eau coulant autour," et s'applique aussi aux péninsules.

Au large, dans la mer veineuse, est une terre, aussi belle que riche, isolée dans les flots : c'est la terre de Crète aux hommes innombrables, aux quatre-vingt-dix villes dont les langues se mêlent. [Odyssée, XIX, 172-174] (2)

Homère nous dit aussi que "de la Crète énorme, loin sur la mer," où Minos vit, est un voyage de cinq jours en Egypte si le navire profite du vent du Nord. La distance couverte par un bateau à voiles avec un bon vent en cinq jours est grossièrement 1200 km. Par la bouche d'Ulysse, Homère nous dit aussi qu'il y a des montagnes neigeuses en Crète et que son climat est très froid.

... Feutres et draps moirés ne me disent plus rien, depuis le jour qu'à bord d'un vaisseau long-rameur, je me suis éloigné des monts neigeux de Crète... [l'Odyssée, XIX, 338] (2)

La seule partie de l'Europe qui correspond aux critères pour la Crète exposée par Homère est la Scandinavie. Le Danemark et la Suède du Sud ont un "bon sol, riche" et la campagne ressemble aux plaines européennes fertiles du Nord en général. La Scandinavie est assez énorme pour avoir eu 90 villes et il y a des montagnes certainement neigeuses là, même en été. La Scandinavie est entourée par l'eau et il y a beaucoup de ports où "des langues sont mélangées," et c'est à environ cinq jours de voile de la côte du Nord de la France avec un bon vent du Nord. Wilkens décrit le processus d'identification :

Pour identifier la Scandinavie comme la Crète d'Homère, cependant, nous avons besoin des noms de rivières, mais Homère en mentionne seulement deux dans premier instant, dont le plus important est l'Iardanus. D'abord, je ne pouvais trouver aucune rivière scandinave avec les consonnes "yrdn" et j'avais presque abandonné la recherche, quand un matin je me suis réveillé avec la réponse, Hardanger.... Iardan (os) doit être Hardan (ger), le plus grand fjord de la Norvège qui s'ouvre en Mer du Nord juste au sud de Bergen. Homère mentionne aussi une autre rivière, le Céladon, près de la bouche de l'Iardanos. La carte montre le Sildefjord pas loin du Hardangerfjord et phonétiquement le céladon pourrait bien être devenu Silde. Wlsewhere, dans la liste des armées, nous trouvons trois autres rivières scandinaves : la Nisa, maintenant Nissan, dans le sud-ouest la Suède; Arne, maintenant Arna, dans le Jutland et le Schoenus, maintenant probablement le Skjern, aussi dans le Jutland. Il peut être dit en passant  qu'aucun de ces noms ne peut être trouvé dans l'île grecque de Crète...
 
Si nous avons trouvé la Crète, qu'en est-il du célèbre Cnossos? Il semble assez sûr de dire que "large Cnosus" (l'Iliade, XVIII, 591) n'était rien d'autre que le "chapeau" du Jutland, l'extrême nord du Danemark, où il y a une région et une colline avec un nom unique en Europe, Knösen. Il est bien établi que les Celtes ont vécu dans ce secteur longtemps avant notre ère, car les archéologues ont trouvé là un des plus célèbres de tous les objets d'art celtiques, le chaudron d'argent Gundestrup (appelé d'après le village où il a été trouvé). Ce chaudron est décoré d'une frise montrant ce qui semble être un sacrifice humain à un dieu et c'est précisément au sacrifice humain que Cnossos a dû à sa notoriété partout dans les âges. [Wilkens]
À l'aube de la préhistoire, il est dit, l'humanité a adoré une Déesse qui coexistait souvent avec une Déité masculine, parfois dépeinte avec des cornes. Le Dieu Cornu a personnifié une affinité virile avec le règne animal.
 
Une des représentations les plus anciennes du Dieu Cornu dans un contexte purement celtique est une sculpture sur roc de Val Camonica en Italie du nord. Le Dieu est peint debout portant un long vêtement et transportant un torc, le collier en forme de col d'autorité divine.
 
Les images suivantes montrent souvent Le Dieu Cornu assis dans une position de demi-lotus familière aux yogis.
 
Le nom Cernunnos nous est venu par un bas-relief en pierre de la période Gallo-romaine, qui a été déterré à Paris, d'un Dieu avec des cornes, sur chacune desquelles est accroché un torc. Dans la collection du Musée Cluny à Paris, la pierre porte l'inscription clairement lisible CERNUNNOS en lettres romaines au-dessus du visage du Dieu. Mais ce serait une erreur d'identifier tous les dieux cornus comme Cernunnos, ou même tous ceux avec des cornes de cerf.
 
Cernunnos est le nom le plus commun utilisé aujourd'hui pour la déité appelée "Uindos" dans la vieille littérature irlandaise. Il est aussi parfois appelé "Finn", le nom d'un héros principal dans un cycle d'histoires antiques du "Fianna" ou des bandes de guerriers de la Vieille Irlande.
 
Sans aucun doute l'image la plus célèbre supposée représenter Cernunnos est celle du chaudron Gundestrup déterré au printemps 1891 dans une tourbière danoise près du hameau de Gundestrup en Jutland du Nord. Les chaudrons ou les calices (aussi appelés Graals) était souvent utilisé dans des rites religieux Païens antiques, symboliques du chaudron de la déesse Cerridwen, le chaudron prétendu de renaissance.
 
Décorant vivement des plats du chaudron sont des scènes de guerre et de sacrifice, des déités barbues luttant avec des bêtes féroces, une déesse à la poitrine nue debout entre des éléphants et une figure commandant avec des cornes de cerf brandissant un serpent à tête bélier dans une main et un col de cou tortillé ou torc dans l'autre. La plupart des savants reconnaissent que cette figure est Cernunnos. [Cernunnos : Le Cornu]

Bien sûr, on pourrait aimer savoir pourquoi la déesse est encadrée par des éléphants...

Pour en revenir à notre piste suivie pour retrouver l’ histoire du labyrinthe, le héros de l’ histoire, le prince Thésée d’ Athènes, se porta volontaire pour devenir l’ une des victimes à offrir en sacrifice. Mais la prêtresse Ariane en tomba amoureuse et l’ aida en lui remettant une pelote de fil d’ or. Il la déroula à mesure qu’ il pénétrait plus avant dans le labyrinthe, et arrivé au centre de celui-ci, il tua le Minotaure et put ensuite retrouver son chemin et s’ échapper en suivant le fil. Après cela, Thésée, accompagné d’ Ariane et des autres jeunes athéniens gardés captifs dans le labyrinthe, s’ embarqua sur un voilier à destination de Délos, où il consacra un sanctuaire à Aphrodite; lui-même et ses compagnons exécutèrent une danse imitant le parcours dans les tours et détours du labyrinthe, et comprenant des mouvements entrecroisés et sinueux sur des rythmes complexes. Il est un fait connu que les autochtones exécutaient encore une version de cette danse jusqu’ à une époque relativement récente.

Ce rapport du mythe de Thésée et Ariane à l’ île de Délos nous ramène aux mystérieuses offrandes envoyées par les Hyperboréens aux Déliens, et au récit des quatre jeunes Hyperboréennes qui n’ avaient jamais revu leur pays:Hyperoché et Laodicé, Opis et Argé, accompagnées par cinq hommes dont Hérodote nous dit qu’ ils furent appelés par la suite: "Péripherès." Nous voyons ici la graine dont a germé le mythe des jeunes Athéniens et Athéniennes envoyés comme tributs à Minos. Nous y voyons également une graine dont ont germé de nombreux autres mythes qui semblent tous être des versions différentes d’ une même histoire “remodelée” sur le principe de la “mythisation”.

La majorité des experts qui écrivent à propos du labyrinthe nous disent que leplan et la destination proviennent clairement d’ Egypte, où il fut la scène de drames religieux impliquant le meurtre du dieu-roi ayant pris la forme d’ un taureau. Ils nous disent également que le sacrifice était seulement symbolique et qu’ un taureau divin était substitué au roi après sept jours de danses, spectacles et combats rituels exécutés dans un labyrinthe. Un culte semblable est, dit-on, à l’ origine du mythe du labyrinthe crétois. Le "taureau de Minos"représentait la royauté et la puissance de Minos; et Thésée, en tuant le taureau et en prenant la fille du roi, prétendait symboliquement au trône.

En effet, une telle solution expliquerait pourquoi le taureau, le roi et le labyrinthe arrivent ensemble tant en Crète qu'en Egypte, mais ce qu'il n'explique pas est le labyrinthe lui-même et pourquoi la même conception est trouvée dans le monde entier. La plupart des savants de l'histoire antique et de l'archéologie sont puissamment sous l'influence des théories de l'Égyptologie qui posent en principe que toutes les civilisations se  répandirent de l'Egypte antique, ou de la Mésopotamie, au moins. Cependant, le volume pur de preuve physique suggère que ce n'est pas le cas.

Une telle solution expliquerait en effet pourquoi le taureau, le roi et le labyrinthe vont ensemble, tant en Crète qu’ en Egypte, mais ce qu’ elle n’ explique pas, c’ est labyrinthe lui-même, et pourquoi on trouve le même motif dans le monde entier. La plupart des spécialistes en Histoire ancienne et en archéologie sont très influencés par les théories de l’ Egyptologie, qui font naître toutes les civilisations en Egypte, ou du moins en Mésopotamie. Cependant, la quantité de preuves physiques suggère qu’ il n’ en va pas ainsi.

Le labyrinthe en spirale consiste en une série de bandes concentriques entrecroisées, généralement au nombre de sept, avec une ligne droite de sortie, allant du centre vers la base. C’ est la forme de quasiment tous les anciens labyrinthes d’ Europe, y compris ceux dont on sait qu’ ils ont été au centre de rites religieux inspirés par la Nature et d’ activités humaines telles que des festivals, des danses, des spectacles et des jeux. Ces dessins sont connus sous le nom de“Villes de Troie”. Des labyrinthes en spirale dotés de noms manifestement inspirés du nom “Troie” se trouvent au Pays de Galles, en Ecosse, Irlande, Angleterre, Italie, Allemagne, Suède, Norvège, et Russie.

Bref, il n’ y a absolument rien d’ Egyptien dans les “labyrinthes de Troie”,et il y a de bonnes raisons de croire que ceux-là appartiennent aux cultures mégalithiques qui se sont développées, qui étaient des événements indépendants des civilisations du Proche-Orient.

Mais dans les récits qui parlent de jeunes Hyperboréennes, dans les mythes de Thésée et dans d’ autres encore que nous allons bientôt examiner, nous trouvons deux aspects indépendants de l’ énigme du labyrinthe, qui se rencontrent et interagissent, et ce qu’ ils en commun, à mon avis, c’ est une technologie antique –un appareil qui se serait trouvé au centre de la danse du dieu à Stonehenge, utilisé pour manipuler la pesanteur, l’ espace et le temps. Que des pouvoirs semblables aient été à la disposition des Egyptiens paraît évident, mais il est aussi clair que leur perception du monde, leur réaction au monde, et leur utilisation de cette technologie, ont été très différentes.

Dans les récits se rapportant au labyrinthe égyptien, l’ objet qui se trouve au centre était une puissance terrible, dévorante. Dans le récit des Hyperboréens, la danse du dieu était une célébration de la vie, de l’ abondance, de la victoire sur le serpent. Les “Maroutes aux bras armés” dansaient et portaient des paniers pleins de choses bienfaisantes qui s'étaient matérialisées des ondes de la grande Déesse-Etoile, la Reine intronisée.

Quelque chose s’ est passé. Quelque chose de terrible; et que nous découvrions ou non quelle sorte “d’ objet” se trouvait au centre du labyrinthe, nous pensons que nos investigations nous conduiront à faire connaissance avec l’ Arche, l'Exode et le Visage qui a lancé mille Guerres.

A suivre...

[1] Hérodote, op. Cit. Bk II:147.

[2]  Diodore de Sicile, opération. Cit., deux passages dans son histoire, Livre I, 61 et 66.

[3]  Strabon (env. 64 av. J.-C - ap J.-C. 19) : Trois passages dans sa géographie, Livre 17, I, 3 et 37 et 42.

[4]  Pline (23-79 ap J.-C.) : Un passage dans son histoire naturelle, Réservez 36, 13.

[5]  Hérodote, les Histoires, Livre V, c. 110 CE

[6]  Hérodote, les Histoires, Livre II, 181.

[7]  Munster, cité par Wunderlich, The Secret of Crete, (New York : Macmillan 1974) p. 85.

[8]  Ibid.

[9]  Colon, Thuborn, The Ancient Mariners (les Marins Antiques), (Alexandrie, Virginia : la Vie de temps Réserve 1981) p. 12.

[10] Hayes, pp. 73-74.

(1)   NdT:  un stade = entre 147 et 192 mètres

(2)   Traduction de Victor Bérard

 

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