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John F. Kennedy, le
Pétrole et la Guerre à la Terreur

Laura Knight-Jadczyk
Signs of the Times
20/11/2006

Traduction franaise: Henri R.


Le 20 novembre 1963, entre 11h30 et 11h40, le Prsident John F. Kennedy a rencontr Lena Horne, Carol Lawrence, le prsident de DNC John M. Bailey et d'autres personnes.

Plus tard ce jour-l, il a publi une dclaration sur la Confrence Extraordinaire de l'Administration de la Radio pour allouer des Bandes de frquences dans des Buts de Communications Radios Spatiales, tenue Genve en Suisse du 7 octobre au 8 novembre 1963. Il a invit d'autres nations participer l'installation d'un systme de satellite de communication mondial. Il a parl "d'un systme de paix de porte mondiale."

A la suite de a, John Kennedy a envoy au Congrs le 17me rapport annuel sur la participation amricaine dans les Nations Unies et il a sign ensuite le projet de loi HR2073 pour permettre le transfert de pays submergs et envahis par la mare Guam, les les Vierges et le Samoa amricain s'ils ncessitaient un dveloppement conomique ou autre raison urgente. John F. Kennedy Archives de Bibliothque Prsidentielles

la fin de la journe, il lui restait moins de deux jours...

Tt aujourd'hui, 43 ans plus tard, un membre de Notre forum a post un lien vers un article donn par le U.K. Guardian :

La guerre la terreur ' pourrait durer 30 ans'

Il y a "chaque perspective" de la "Guerre la Terreur" qui dure 30 ans ou plus, a dit un groupe de rflexion de scurit mondiale.

Le rapport du Groupe de Recherche d'Oxford a dit que les rcents changements politiques aux Etats-Unis feraient "une trs petite diffrence" aux conflits en Irak et en Afghanistan.

Dans les lections de moyen terme des Etats-Unis, les Dmocrates ont pris des Rpublicains le contrle des deux chambres du Congrs. Le rapport a dit que les Etats-Unis taient maintenant confronts un dilemme. S'ils se retirent de l'Irak, des groupes jihadistes pourraient y oprer "sans contrainte" dans cette "rgion ptrolifre importante".

Mais s'ils dcidaient de rester, les soldats amricains pourraient devenir un "aimant" croissant pour des groupes radicaux, avec l'Irak se mtamorphosant en une terre recevant une formation pour de nouvelles gnrations de paramilitaires.

crit par le professeur Paul Rogers, le consultant en scurit mondiale de l'ORG et professeur d'tudes de la Paix l'Universit de Bradford, le rapport a analys l'anne passe les vnements en Irak et au Moyen-Orient, regardant comment la guerre la terreur s'tait transforme dans ce qui a t appel la "Longue Guerre" par l'Administration Bush. [...]

Ce qui tait ncessaire tait une rvaluation complte de la politique actuelle, a dit le rapport. Cependant, le professeur Roger dit que cela n'allait probablement pas arriver, parce que mme avec les Dmocrates contrlant maintenant les deux chambres, il n'y avait pratiquement aucun engagement au plein retrait de l'Irak.

Au lieu de cela, le rapport du professeur Roger a constat que tandis qu'il y avait des mouvements divers pour modifier la politique, comme le retrait des villes et le maintien d'une prsence dans quelques bases, rien ne s'est lev au changement substantiel.

En commentant les changements ncessaires, le professeur Rogers a dit : "La plupart des personnes croient que les lections rcentes marquent le dbut de la fin de l're de Bush, mais cela ne s'applique pas la guerre la terreur. En ralit il y aura peu de changement jusqu' ce que les Etats-Unis soient confronts au besoin d'un changement d'ide fondamental de sa politique. Jusqu'ici, mme avec les rsultats de l'lection, il n'y a aucun signe rel de cela."

En bref, ce que j'ai crit il y a plusieurs jours dans mon article Post Election Reality Check  (Contrle de la Ralit Post lection), semble tre pile sur la cible : "Rencontrez le Nouveau Patron, pareil l'Ancien Patron."

Mais cela ne devait pas tre de cette manire. Comme le lecteur pense probablement ce jour, ayant lu cette srie prsente d'articles sur John Kennedy et ses plans pour diriger le bateau de l'tat amricain dans des eaux paisibles, "Oh, dans quel monde diffrent nous vivrions aujourd'hui si John F. Kennedy avait vcu et avait fini son travail!"

Et c'est vrai. Parce que la mme cabale qui fut responsable de sa mort est la cabale qui dirige la plante aujourd'hui via le rgime de marionnettes aux Etats-Unis et avec des tentacules accrochs dans presque chaque autre gouvernement sur la plante. Nous, faisons en effet face 30 ans de Guerre Sans Fin dont peu d'entre nous sortirons vivants. Nous vivons dans une plante d'tat policier virtuelle, avec la terreur autour de chaque coin, une terreur qui n'est pas en raison d'un certain Musulman fou qui nous dteste cause de nos "liberts" - une plaisanterie - mais est en raison de toutes les machinations et manipulations de gens malfaisants des postes levs dont l'avidit d'argent et de pouvoir ne connat aucune limite.

Et c'est ce que l'lite argente voulait : la guerre et plus de guerre pour faire de plus en plus d'argent. Et leurs contrleurs - ceux qui tirent les ficelles dans les coulisses ont seulement voulu le pouvoir et plus de pouvoir et ont utilis l'avidit des Titans des affaires, la Mafia et l'Empire Ptrolier pour raliser leurs fins. Mais, nous y viendrons assez tt.

Ce semble tre une certitude que si la vie de John F. Kennedy n'avait pas t brutalement termine il y a 43 ans, il n'y aurait aucun terroriste prtendu (de la varit Islamique ou de l'lite argente), ni maintenant une Guerre la Terreur. Quelle tragdie de ne pas voir un autre John F. Kennedy l'horizon avec intelligence et bon sens pour sortir maintenant nos brioches du feu.

De nos jours, peu prs chacun sait que cela concerne le ptrole. Mais ce que beaucoup de gens ne savent pas est comment exactement tout cela commenc. Ainsi, l'extrait d'aujourd'hui de Farewell America va nous emmener aux dbuts de la Question Ptrolire.

Les Ptroliers

"La Rose American Beauty ne peut tre exhorte ce degr de splendeur et de parfum qui nous enchante qu'en sacrifiant les autres embryons grandissant autour d'elle. Dans le monde des affaires, la mme opration est le rsultat non d'une tendance malsaine, mais simplement d'une loi de la nature et de Dieu." John D. Rockefeller, Jr.

Le ptrole est l'lment vital de la civilisation moderne. Il fournit le carburant pour nos avions, nos bateaux, nos camions et nos 180 millions d'automobiles et c'est la source d'environ 300.000 produits ptrochimiques. Le ptrole reprsente plus que la moiti du tonnage maritime de fret et fournit plus de 60 % de l'nergie du monde. C'est l'industrie numro un dans le monde aujourd'hui.

Le budget de l'industrie ptrolire est plus grand que le budget du gouvernement des Etats-Unis. Le revenu annuel de la plus grande compagnie ptrolire dans le monde, la Standard Oil du New Jersey, est plus grande que le revenu du gouvernement du Canada. Directement ou indirectement, par la production intrieure amricaine (1) aussi bien que des holdings trangres, l'industrie ptrolire amricaine contrle 80 % du march mondial. (2)

Par leur domination trangre et la croissance stable du march ptrolier dans les cinquante ans passs, les grandes socits sont devenues de plus en plus grandes. (3) Leurs intrts, cependant, ne concident pas toujours avec ceux des continents et les peuples qu'ils contrlent. L'Europe, qui consomme 25 % du ptrole produit dans le monde aujourd'hui, reprsente seulement 0,7 % des rserves mondiales et pour seulement 1,4 % de la production mondiale. Dans la dcennie venir et probablement jusqu' la fin du sicle, le problme principal de l'Europe occidentale sera comment obtenir assez de ptrole. (4)

Le ptrole n'est plus un produit capitaliste exclusif. Le Consortium International (principalement amricain) qui domine le march mondial, aprs la tentative sans succs aprs la Premire Guerre mondiale de prendre le contrle des ressources russes, les ont vus passer sous contrle sovitique. En 1962 l'Union sovitique (avec une production annuelle de 1,3 milliards de barils) avait peu de ptrole en surplus pour exporter, mais depuis lors la situation a chang. La production sovitique en 1968 est value plus de 2,1 milliards de barils. Simultanment avec sa transformation idologique et politique, l'URSS convertit son industrie du charbon (incluant son industrie d'armements) dans une industrie grand public consommant du ptrole. Dans quelques annes elle aura la mme proportion de consommateurs l'industrie lourde que les pays de l'Europe occidentale. Son dsir d'expansion commerciale internationale et son besoin de devises trangres a men l'Union sovitique abandonner sa politique ptrolire socialiste. Les consquences de ce changement sont celles-ci :

- Une augmentation de la production, pour exporter plus de ptrole;

- La cration d'un rseau de distribution qui, parce que l'URSS a relativement peu de navires-citernes, dpend en grande partie du pipeline COMECOM qui fonctionne au cur de l'Europe occidentale; (5)

- L'ajustement, avec certaines exceptions (des trocs comme ceux pratiqus avec l'Italie ou des accords bass sur des considrations politiques, comme avec Cuba) de prix sovitiques pour les aligner avec les prix du Consortium.

Actuellement, l'URSS sent sa voie dans le march du ptrole mondial. Cela a men un changement de sa politique du Moyen-Orient aprs une srie d'checs instructifs dans le secteur. Les no-sovitiques sont venus comprendre les rgles du jeu de l'industrie du ptrole et l'influence sovitique dans le Moyen-Orient s'accrot fermement. Avant 1980, on s'attend ce que la production du ptrole sovitique excde 3,5 milliards de barils. Par le pipeline, il fournira un pourcentage croissant de consommation de l'Europe occidentale. Mais avant cette date, le conflit d'intrts entre l'Union sovitique et le Consortium International ou bien sera rsolu ou bien atteindra son apoge. Dans le dernier cas, il y aura la guerre conomique; dans le premier, les Etats-Unis et l'Union sovitique mettront de ct les principes rvolutionnaires pour partager le march ptrolier mondial entre eux.

Si l'expansion sovitique continue son taux actuel, un cartel communiste-capitaliste dominera le march ptrolier dans les annes 1980 qui avalera l'Europe occidentale en continuant jongler avec le Moyen-Orient. Car au-dessous des sables d'or du Golfe Persique se trouvent les rserves ptrolires les plus importantes du globe, valant de 300 milliards de $ (en termes de prix actuels), sur lesquelles le Consortium espre gagner 75 milliards de $ son taux habituel de commission.

Le quart du prix du ptrole raffin va aux socits du Consortium sous forme de bnfices nets. Au Moyen-Orient, un autre quart va aux pays qui possdent les concessions. La moiti restante couvre non seulement le cot de production, le transport et le raffinage, mais fournit des profits comparables avec ceux gagns dans d'autres industries.

Le ptrole en tant qu'industrie est dans une classe en elle-mme. Aucune autre activit conomique n'offre de si hauts profits, au dtriment des consommateurs et des pays de production. Au Moyen-Orient, les gens ne gagnent rien de la richesse extraite de leur sous-sol. Les royalties payes par le Consortium vont chez les dirigeants et leurs parents, les classes dirigeantes, de hauts reprsentants gouvernementaux et quelques hommes d'affaires locaux. En soutenant les Emirats du Golfe Persique et en protgeant leurs dirigeants, la Grande-Bretagne, maintenant supplante par les Etats-Unis, a contribu la conservation de structures sociales archaques et a fray la voie la rvolution. (6)

En 1968, les investissements trangers de compagnies de ptrole amricain ont totalis plus de 30 milliards de $ (presque 40 % de tous les investissements amricains l'tranger. (7) Les gants de l'industrie ptrolire contrlent non seulement le march mondial, mais des gouvernements et la politique trangre et militaire aussi. Aux Etats-Unis, les Rpublicains et une partie du parti dmocrate obtiennent beaucoup de leur support financier de l'industrie ptrolire. Le Dpartement d'Etat et la Maison Blanche et une partie substantielle de la Presse donnent un soutien systmatique l'industrie. Mme les diplms d'universit dans la recherche d'emplois sont avertis du danger de s'y opposer. (8)

Quatre compagnies de ptrole ont t classes en 1966 parmi les dix plus grandes socits amricaines : la Standard Oil du New Jersey, qui s'est classe troisime (aprs General Motors et Ford), Socony Mobil, quatrime, Texaco, septime et Gulf Oil qui s'est classe dixime. Mais cette liste est sujette interrogation. Elle choue tenir compte du facteur le plus important dans l'conomie, les profits.

Bien que le personnel combin de ces quatre compagnies de ptrole se soit lev seulement 346.846 (388.016 personnes sont employes par General Motors seul), leurs bnfices nets, 2.661.684.000 $, ont excd ceux de toute l'industrie automobile (2.603.638.000 $) - autrement dit, les profits combins de General Motors, Ford et la Chrysler, qui emploient ensemble quatre fois plus de personnes. Mais General Motors, Chrysler et Ford, ensemble avec American Motors en dficit, comprennent presque toute l'industrie automobile amricaine. Les quatorzime, quinzime et seizime places dans la liste des 500 premires socits sont tenues par Shell Oil, Standard Oil de l'Indiana et Standard Oil de Californie, dont les bnfices nets combins excdent 1 milliard de $ et plus bas dans la liste se trouvent 15 autres compagnies ptrolires dont les profits ajoutent un autre million aux profits de l'industrie. On peut dire que les profits combins de l'industrie ptrolire amricaine (qu'en plus de ces 22 socits suprieures incluent plusieurs milliers de plus petites) sont plus grands que le chiffre d'affaires annuel de General Motors. (9)

La Standard Oil du New Jersey est symbolique de l'industrie ptrolire. C'est aussi son leader moral. premire vue, elle ressemble juste une autre socit. En thorie, c'est ce qui reste de l'empire cr par John D. Rockefeller, qui a t bris selon la lgislation antitrust en 1911. (10) Mais un demi-sicle plus tard la Jersey Standard, qui thoriquement ni ne produit, ni ne raffine, ni ne transporte, ni ne vend n'importe quel ptrole, contrle un cinquime du march mondial. Elle possde la plus grande flotte prive de navires-citerne dans le monde (126 bateaux cumulant 5.096.000 tonnes), se classant 12me en 1967 dans la liste mondiale des flottes, avec les flottes nationales du Panama, Sude, Danemark et Espagne. Elle a un dpartement de scurit huit fois plus grand que le dpartement de scurit de General Electric, employant environ 30 agents spciaux qui sont des diplms de la C.I.A. ou du FBI. Ses 14 cadres dirigeants contrlent plus de 300 socits subsidiaires, un tiers desquelles se classent dans les plus grandes socits dans le monde. (11)

L'histoire de la Standard Oil est l'histoire de l'industrie ptrolire, qui est ne il y a un peu plus d'un sicle Titusville en Pennsylvanie en 1859. (12) Le ptrole, cependant, a toujours exist. Dans le pass, il a t utilis pour des flammes et des torches ternelles, mais personne n'a jamais pens la commercialisation de cela. Jusqu' ce que le commerce du 19me sicle ne soit bas sur les crales et ce fut l que des fortunes personnelles ont t faites et le pouvoir gagn.

La Standard Oil a t fonde en 1860 et pendant presque un demi-sicle l'industrie ptrolire et la biographie de John D. Rockefeller ne formaient qu'un. Pendant 51 ans la Standard a limin ses concurrents par tous les moyens sa disposition, corrompant les fonctionnaires publics et violant ou contournant les lois, jusqu' ce qu'elle ait t dissoute en 1911.

Autour de 1890, son monopole mondial a commenc glisser. Le groupe Nobel russo-sudois a inaugur des oprations au Caucase et entre 1891 et 1901 la production russe a en ralit excd celle des Etats-Unis. Les Rothschild britanniques, comprenant les possibilits futures du ptrole, en particulier en ce qui concerne le transport moderne, a facilit la Royal Dutch Company chapper au contrle de la Standard et vaincre certains des marchs de Rockefeller en Extrme-Orient. (13) En 1907 la Royal Dutch fusionna avec Shell Transport and Trade Company, qui s'tait jusque-l spcialise dans la nacre. Avec le support du Ministre des Affaires Etrangres et les privilges dont elle jouissait dans les colonies anglaises et hollandaises outre-mer, la socit Anglo-Dutch, dirige par Henry Deterding, s'tendit rapidement. Contrairement la Standard, qui avait model sa politique commerciale d'aprs les principes isolationnistes de Thodore Roosevelt et Taft et avait cherch seulement des marchs l'tranger, la Royal Dutch Shell a effectu des explorations et a tendu ses oprations dans le monde entier. (14) En 1912 elle a commenc oprer aux Etats-Unis et a bientt contrl la moiti de production amricaine. Elle a aussi pntr au Mexique, o elle a rachet le groupe Pearson qui possdait le puits n 4 Potrero del Llano, avec une production de 91 millions de barils. Avant 1921 la production mexicaine galait 40 % de production des Etats-Unis, mais des socits trangres (britanniques et amricaines) ont sacrifi tout au prsent et ont dvast les rserves mexicaines. La pression du gaz a t gaspille et le gisement de ptrole Golden Way prs de Tampico a t envahi par l'eau sale. Ds 1930 la production mexicaine avait baiss loin derrire et elle a t bientt clipse par son voisin au Sud, le Venezuela. En 1963, la production mexicaine galait seulement 4 % de l'amricaine et 20 % de la production iranienne.

Au Moyen-Orient, o les rserves ptrolires sont au moins 100 fois plus grandes que celles des Etats-Unis, un aventurier britannique, William Knox d'Arcy, a obtenu une concession du Shah de Perse en 1901 couvrant cinq siximes de ses terres. En 1908 la Compagnie ptrolire anglo-persane (plus tard la Compagnie ptrolire Anglo-Iranian et plus tard encore la British Petroleum ou BP) a t fonde. La Marine britannique venait de passer aux bateaux au gas-oil et Winston Churchill, Premier Lord de l'Amiraut, avaient persuad le gouvernement de Sa Majest d'acheter une part majoritaire dans la nouvelle socit. (15) ce moment-l, l'Amrique et l'Europe dcouvraient l'automobile. En 1908 Henry Ford a commenc produire son clbre Modle T. Le rush tait enclench. En 1911 il y avait 619.000 automobiles. En 1914 il y en avait 2 millions et en 1924 il y avait 18 millions de voitures sur la route, 16 millions d'entre elles aux Etats-Unis. Cette anne-l les Etats-Unis seuls ont consomm plus de ptrole que l'Europe n'en consommait en 1960.

La guerre a rvl l'importance stratgique du ptrole. Non seulement elle a contribu lourdement la victoire allie, mais elle est devenue une partie des intrts du jeu. Guillaume II voulait dtruire la domination ptrolire britannique et donner une part l'Allemagne dans le ptrole msopotamien. Il a construit le chemin de fer Berlin-Bassorah (via Constantinople et Bagdad) pour rivaliser avec l'itinraire des Indes. Une fois que l'Allemagne eut t dfaite, les Anglais et les Franais ont partag le ptrole de l'ancien empire turc. (16) En 1920, la Royal Dutch Shell a tourn autour du globe. Elle avait des filiales aux Etats-Unis, Mexique, Venezuela, Trinidad, Indes Orientales Hollandaises, Ceylan, Roumanie, Egypte, Pninsule malaise, Chine du Nord et du Sud, Siam, Philippines et Birmanie. En collaboration avec d'autres socits britanniques, elle a acquis des concessions en Colombie et en Amrique Centrale et elle essayait de s'tablir le long du Canal du Panama. Bientt elle tendrait ses activits au Honduras, Nicaragua et Costa Rica. Elle a aussi rachet les holdings Rothschild en Russie pour bien moins qu'elles ne valaient. Le banquier Sir Edward Mackay a dclar que ".. tous les gisements de ptrole connus, probables ou possibles l'extrieur du territoire des Etats-Unis taient proprit britannique, sous la direction ou le contrle britannique, ou financs par le capital britannique," et a ajout que "le monde tait solidement barricad contre une attaque des intrts amricains." (17)

La Jersey Standard s'est rendue compte que la politique d'isolationnisme et de pacifisme de Woodrow Wilson reprsentait une menace pour son avenir. A. C. Bedford, le Prsident de la Jersey Standard, dclara, "Ce dont nous avons besoin est une politique trangre agressive," et la Commission du Commerce Entre Etats a recommand que les Etats-Unis donnent le soutien diplomatique l'acquisition et l'exploitation par les socits amricaines de proprits ptrolires l'tranger. Le Dpartement d'Etat a expdi une srie de notes diplomatiques, dont le ton est devenu de plus en plus violent, exigeant que les Etats-Unis reoivent une part dans les holdings turcs et allemands.

En 1922 des pourparlers s'ouvrirent entre Bedford et Sir Charles Greenway, Prsident d'Anglo-Iranian. Ils se sont prolongs pendant six longues annes, mais la Gulf avait en attendant obtenu une concession dans l'le de Bahrayn (qu'il a cd plus tard la Standard de Californie) que les gologues britanniques avaient d'une faon ou d'une autre laiss chapper. En mme temps la Socony Mobil (qui, quand la Standard Oil a t dissoute en 1911, avait hrit la plupart de ses intrts asiatiques) et Shell ont t engages dans une lutte mort en Inde. Leur guerre des prix a fait baisser les prix dans le monde entier. En 1928 Sir Henry Deterding (fondateur et promoteur de la Royal Dutch Shell) invita Sir John Cadman d'Anglo-Iranian et Walter C. Teagle, nouveau Prsident de Jersey Standard, sa maison en Ecosse. la fin de ce qu'on a depuis connu comme la Confrence Achnacarry, il a t consenti que la comptition franche avait abouti une surproduction excessive. Les Trois Grands ont dcid :

1. Maintenir le statu quo de 1928 (autrement dit leurs positions respectives) sur le march mondial;

2. Combattre la surproduction et le gaspillage d'installations nouvelles, non comptitives;

3. Fixer des prix de production uniformes;

4. Fournir les marchs depuis leur source d'approvisionnement la plus proche par une srie d'accords rciproques entre les socits;

5. viter de produire plus que la demande.

Les socits signant l'accord ont expliqu que ces mesures taient conues pour protger les consommateurs des hausses de prix rsultant d'une multiplicit d'oprations spares. En fait, elles ont mis les bases pour une entente selon laquelle les membres du cartel international coopreraient dans l'exploitation la plus profitable des rserves ptrolires du monde. Elles ont termin la guerre entre Shell et Socony en permettant de fixer les prix en Inde et ont empch une nouvelle guerre des prix au Mexique. Une sorte de ligne de dmarcation a t trace entre les zones d'influence anglaise et amricaine. Ce n'tait pas moins qu'un monopole.

La lgislation anti-trust amricaine n'tait pas un problme. Il a t expressment stipul que l'Accord Achnaccary ne s'appliquait pas aux Etats-Unis. Mais en 1929, 17 socits se sont jointes pour former l'Oil Exporters Association, qui rglait les quotas et les prix tablis, qui taient aligns sur les dpenses les plus hautes dans le pays, celles prvalant au Texas et dans le Golfe du Mexique. Les Anglais n'avaient aucune objection cette entente, comme elle leur permettait de faire de hauts profits l'gard de leur brut bon march de l'Iran et l'Irak. Quant aux socits amricaines, qui faisaient dj de bons profits de la production intrieure, elles ont intensifi leurs explorations l'tranger, qui leur donneraient des profits encore plus hauts.

L'accord "Ligne Rouge" conclu en 1929 a consacr l'entre de l'Amrique au Moyen-Orient. Les holdings de Turkish Petroleum ont t partages de nouveau, cette fois entre quatre associs qui se sont joints pour former l' Iraq Petroleum Company : Anglo-Iranian (toujours contrl par le gouvernement britannique), Royal Dutch Shell, la Compagnie Franaise des Ptroles, la Standard Oil du New Jersey (en collaboration avec Socony Mobil). On a donn chacun une part de 23,75 % de l'entreprise. (18) L'accord Ligne Rouge stipulait que les quatre associs entreprenaient de maintenir les mmes pourcentages dans tous les pays qui se trouvaient l'intrieur d'une ligne rouge sur la carte. La ligne rouge faisait entirement le tour du Moyen-Orient.

Tandis que l' Iraq Petroleum Company tait fonde, l'Irak tait le seul pays producteur de ptrole dans la rgion. Mais la Standard de Californie a dcouvert du ptrole au bord de la mer sur la concession qu'il avait acquise du Golfe Bahrayn. Comme elle n'avait aucun rseau de distribution en Orient, elle a sign un accord avec la Texas Company (devenant Caltex en 1936). La Standard de Californie a aussi commenc oprer en Arabie Saoudite, sur le territoire d'El Hasa que le Roi Saud avait saisi des princes bdouins. Avec Texaco il a form la Arabian American Oil Company (Aramco).

Caltex et Aramco ont bientt prouv la Standard et Socony que les rserves sur leurs concessions excdaient de loin celles d'Irak. Ces deux dernires socits ont regrett d'avoir sign un accord pour partager leurs dcouvertes futures avec les Franais et les Anglais. Mais la solidarit amricaine et la puissance de la Jersey Standard ont bientt surmont cet obstacle. Jersey Standard, Caltex et Socony se sont jointes Aramco, excluant Royal Dutch Shell, Anglo-Iranian et la Compagnie Franaise des Ptroles. La Grande-Bretagne contrlait dj des ressources suffisantes en Iran, Venezuela, Pninsule Malaise et Birmanie. La France tait traditionnellement un pays sans but lucratif et elle n'avait aucune politique de ptrole. Comme Gulbenkian, on lui a donn une indemnit.

La Iraq Petroleum Company faisait face au problme difficile des impts sur le revenu. Pour profiter au maximum des dispositions fiscales amricaines et britanniques qui favorisaient les activits l'tranger de leurs socits, il a t dcid que n'importe quels profits gagns n'iraient pas IPC, mais apparatraient au lieu de cela sur les bilans des socits constitutives. videmment, cela tait contraire aux intrts du gouvernement d'Irak. IPC vendait le ptrole aux consommateurs irakiens ses prix habituels bass au Texas et la socit ne dsirait pas (ou tait peut-tre incapable) de calculer son cot net rel, qui aurait apport ses profits excessifs l'attention du gouvernement irakien. (19)

A l'poque de la Seconde Guerre mondiale, le monde avait t partag entre les Grands Sept (Jersey Standard, Royal Dutch Shell, Socony, Texaco, Gulf Oil, Standard de Californie et BP). La guerre causa quelques irritations mineures et il y avait le souci des Allemands qui s'approchaient du Caucase et de l'Egypte, mais l'affaire ptrolire prosprait. (20)

Les ncessits de la guerre ont nanmoins amen les Allis imposer des parts aux matires premires brutes dans le monde entier et mme la distribution de ptrole tait contrle. Les experts du Conseil de Production de la Guerre ont exig que l'on donne aux Nations Unies le pouvoir d'administrer les stocks mondiaux de matires premires et en Grande-Bretagne le parti travailliste a propos un plan semblable. En 1945 la Confrence de Washington, Sir Anthony Eden et le Secrtaire d'Etat Hull ont lgalis et ont complt l'ancien Accord Achnacarry qui partageait les rserves ptrolires du monde entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Fortement contrarie, l'Union sovitique a sign la mme anne l'Accord de Moscou avec la France.

En 1947 l'Alliance Cooprative Internationale a propos que l'industrie du ptrole au Moyen-Orient soit nationalise pour liminer la rivalit naissante entre la Russie et l'Ouest, lever le niveau de vie des Arabes et diminuer le prix du ptrole au consommateur. Elle a propos que les Nations Unies crent une agence spciale pour contrler les ressources de ptrole du Moyen-Orient et admettre tous les acheteurs sur un pied d'galit, conformment la Charte Atlantique. Mais quand le Conseil conomique et Social des Nations Unies a vot sur la mesure le 12 aot 1949, seulement la Norvge et la Colombie l'ont soutenue. Huit Etats membres se sont abstenus (incluant les tats communistes) et huit autres ont vot contre, y compris les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas. (21)

Le cartel ptrolier international tait en danger plus grand quand, en dcembre 1952, la Commission conomique et Financire de l'ONU a approuv une rsolution irano-bolivienne commune en faveur du droit de la nationalisation. Les Etats-Unis furent le seul pays voter contre.

L'Iran tait la rserve britannique prive. Sinclair (la 42me plus grande socit amricaine en 1966, avec 1.377 milliards de $ de ventes) et la Standard avait effectu  quelques explorations l, mais avaient recul sur l'insistance de Londres. En 1959 le Premier ministre iranien Mossadegh a exig une augmentation des royalties, dont le taux tait rest inchang depuis avant la guerre, aussi bien qu'un partage 50-50 dans les profits. L'Anglo-Iranian a refus, sur quoi Mossadegh a nationalis la socit, (22) et la crise tait dclenche. Les socits amricaines ont profit de l'opration. La production d'Aramco est monte de 196 280 barils, celle du Kowet de 126 266 millions. En 1955 l'Iran a commenc exporter un ptrole en petites quantits et prix rduits la non-production de pays comme l'Italie et le Japon. Mais le Consortium considrait l'Iran comme un signe sinistre. son grand soulagement, la C.I.A. est passe l'action et Mossadegh a t remplac par Zahedi. (23)

L'intervention amricaine a rveill une tempte d'inimiti contre les Etats-Unis qui n'a pas encore t dissipe. Les Iraniens revendiquaient qu'ils avaient t exploits par l'Anglo-Iranian pendant quarante ans. (24) John Foster Dulles a transmis le problme iranien Herbert Hoover Jr., qui a form une alliance de cinq grandes socits (Jersey Standard, Socony, Texaco, Gulf et Standard de Californie) qui a form un front commun aux ngociations interminables avec les Anglais et a exig que les holdings iraniennes soient divises galement entre l'Anglo-Iranian et elles-mmes. La nouvelle socit a t appele Iranian Oil Participants, Ltd. Les Britanniques (qui ont reu une indemnit de 510 millions de $) ont gard leur majorit avec 54 % des parts (40 % sont alls l'Anglo-Iranian, maintenant BP et 14 % Shell), tandis que les cinq entreprises amricaines obtenaient 8 % chacune. (25) Le nouvel accord a t sign le 21 octobre 1954 et ratifi par le Parlement iranien, qui a reconnu la validit du nouveau Consortium pour une dure de 40 ans. (26)

Mais les socits indpendantes amricaines taient ennuyes. Elles estimaient que les Cinq Grands les fermaient dlibrment de leurs coffres au trsor d'outre-mer, en continuant profiter de prix de ventes intrieurs pour leur brut bon march du Moyen-Orient et du Venezuela. (27) Le Consortium, cependant, tait plus concern par la raction des autres tats riches en ptrole, qui scrutaient soigneusement chaque clause de l'accord sign avec l'Iran. Le dernier pays n'avait obtenu rien de plus qu'une part des 50 % des profits, le mme accorde aux autres tats de production, plus la promesse d'une augmentation graduelle de la production. Ce nouvel accord levait la part amricaine dans la production de ptrole du Golfe Persique 55 % en 1955 (en comparaison de 14 % en 1938). Les Anglais et les Hollandais baissaient en puissance.

En 1956 la crise de Suez est arrive. Le 26 juillet, l'Egypte a nationalis le canal. Depuis lors, le Moyen-Orient est devenu un champ de bataille de droits acquis (28) o les Etats membres du Consortium, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France, luttent pour la prdominance sous le regard fixe intress des Russes, dont les problmes sont plus simples parce que, la diffrence des Franais, ils ont assez de ptrole pour leurs besoins propres, la diffrence des Britanniques leur puissance ne dpend pas de leur position dans le Golfe Persique et la diffrence des Etats-Unis ils ne sont pas soumis aux pressions industrielles prives.

L'URSS est contente de s'asseoir et observer mesure que les fissures deviennent plus larges entre les pouvoirs occidentaux, entre les pouvoirs occidentaux et les tats arabes et entre les tats arabes eux-mmes. En 1956 la moiti du ptrole consomm en Europe a t importe du Golfe Persique et 60 % de cela ont t expdis par le Canal du Suez. (29) La Grande-Bretagne et la France ont risqu une guerre pour assurer le contrle de leurs provisions ptrolires et seule l'intervention des Etats-Unis les a arrts. Pendant l'hiver 1956-1957, des socits amricaines ont profit du manque europen pour lever le prix du mazout de 1,50 $ la tonne et le prix de brut de 2 $ la tonne. Les hausses des prix ont affect les consommateurs amricains aussi. Elles cotent 1,25 milliards de $ aux Amricains et 500 millions de $ aux Europens. Suez a apport 100 millions de $ la Jersey Standard dans des profits complmentaires. Les Cinq Grands battent tous les records pour des profits pendant le premier trimestre 1957. Les profits de Jersey Standard sont monts de 16 % (compar au dernier trimestre 1956), 24 % de Texaco et Gulf Oil 30 %. (30)

Le Golfe Persique a rapport plus de 1 milliard de $ au Consortium par an. En continuant la politique suivie par le Dpartement d'Etat depuis 1920, John Foster Dulles a prt son soutien aux grandes compagnies de ptrole amricaines et quand ncessaire les services secrets et l'arme l'ont soutenu. Le Moyen-Orient tait presque compltement encercl et la Grande-Bretagne perdait son point d'appui. En 1957 le Roi de Jordanie, jusqu'ici subventionn par les Anglais, a commut son allgeance aux Amricains. Le roi Saoud d'Arabie Saoudite a renouvel l'accord de son pays avec l'US Air Force et le Strategic Air Command en change de 10 millions de $ en armes. Le London Times a crit, quelque peu avec malveillance, que "la combinaison bizarre d'une grande socit amricaine (Aramco) et d'un royaume fodal antique constitue une menace relle pour la coopration anglo-amricaine au Moyen-Orient."

Les demandes croissantes du Roi saoudien n'taient pas le seul problme auquel le Consortium a d faire face. Il avait russi gagner un point d'appui au Sahara, (31) mais il a t profondment concern quand la socit italienne ENI (Ente Nazionale Idrocarburi) a propos un accord donnant au gouvernement d'Iran une part de 75 % des profits ( l'poque quand une sparation 50-50 tait toujours la rgle au Moyen-Orient). (32) le Prsident de l'ENI, Enrico Mattei, eut le courage de dfier le Consortium. Il a dclar : " Les compagnies de ptrole ont construit leur puissance en concentrant le contrle de la production et de la distribution dans quelques mains, en maintenant un rapport de fournisseur client avec les consommateurs un march ferm et rigide, en refusant d'accorder une compensation autre que des revenus fiscaux aux pays possdant les rserves, en excluant tous les accords et dispositions entre les tats pour une organisation plus raisonnable du march, mais ils ont aussi cr les conditions pour une cessation du systme ou sa transformation sous la pression de nouvelles forces et de nouveaux problmes... Le prix du brut est bas non sur les dpenses de production au Moyen-Orient, mais sur les dpenses beaucoup plus hautes aux Etats-Unis... Suite la rivalit entre les diverses nations et les compagnies de ptrole occidentales, le ptrole est devenu un lment de dsordre et d'instabilit qui provoque des demandes nationalistes dans les pays riches en ptrole et rveille la jalousie de ces tats qui n'en ont pas.

"L'Italie, la France, la Belgique, l'Allemagne et le Japon tiennent beaucoup se librer de leur servilit et celle des consommateurs envers l'organisation traditionnelle de l'industrie ptrolire... Pour la premire fois en un sicle nous avons la possibilit de substituer un march des acheteurs un march des vendeurs. Un march disciplin est ncessaire si nous devons changer l'ordre tabli par les grandes socits internationales. La suprmatie de ce qui est connu comme le cartel international n'est pas ' tabou, ' et l'Italie n'est pas oblige de le respecter quand cette suprmatie est contrevenue de tous les cts par des initiatives publiques et prives.

"Le Ptrole est une ressource politique par excellence. Ce qui doit tre fait est de voir maintenant qu'il est fait pour servir une bonne politique qui est libre, dans la mesure o c'est possible, de toutes les rminiscences imprialistes et colonialistes, consacres la prservation de la paix, au bien-tre de ceux dont la nature leur a fourni cette ressource et de ceux qui s'en servent dans leur industrie." Un peu plus tard, en 1962, Enrico Mattei a t tu dans le crash de son avion priv. (33)

Au dbut des annes soixante, les problmes du Consortium se sont multiplis. L'volution du march a rvl une comptition en croissance, (34) mais ce qui tait encore plus srieux tait la vague de rvoltes populaires. Heureusement, pour chaque Mexique (35) il y avait deux ou trois Venezuelas, (36) mais les nations dans le monde entier prenaient soudainement conscience de l'importance des minraux dans leur sol. Celles qui avaient t laisses de ct par la nature se sont rendues compte que l'quilibre de leur conomie dpendait de la scurit de leurs provisions. Le Consortium savait que l' ENI italienne, la CFP franaise, la Pemex mexicaine et l'YFP argentine pouvaient facilement tre copies ailleurs. Il a commenc prter une attention particulire ses sources d'approvisionnement au Moyen-Orient et ses clients principaux en Europe occidentale. (37) Leur haine pour les trangers qui puisaient leur sol, cependant, n'tait pas assez forte pour forger les peuples du Moyen-Orient dans une communaut puissante et unie.

En janvier 1968, les principaux pays exportateurs du ptrole du Moyen-Orient - Arabie Saoudite, Kowet, Iran, Irak, Qatar, Syrie et Libye – se sont joints l'Indonsie et au Venezuela pour former une organisation pour commercialiser le ptrole de ses Etats membres, pour dfendre leurs intrts conomiques et commerciaux et examiner des faons de dvelopper l'industrie ptrolire et ses drivs. L'objet principal de cet accord tait d'augmenter les prix et de crer une flotte de navires-citernes et une industrie ptrochimique sous le contrle des pays de production eux-mmes.

Le Consortium se bat pied pied, mais il commence se rendre compte que ses jours au Moyen-Orient sont compts. D'autre part, il a le pouvoir politique suffisant de maintenir sa position pour l'instant au Venezuela. L'avertissement, cependant, l'a men concentrer ses efforts d'exploration en Amrique du Sud et en Afrique, o les gisements de ptrole de la Libye, Sahara, Nigeria et Gabon produisent plus de 700 millions de barils. Pour la Jersey Standard, l'avenir se trouve en Afrique.

Le Consortium avait aussi des problmes en Europe. En 1966 l'Europe occidentale a consomm 2,9 milliards de barils de ptrole, dont seulement 126 millions venaient de son propre sol. La Grande-Bretagne est un membre du Consortium. Sa politique ptrolire est modele d'aprs celle des Etats-Unis et malgr la promesse de dcouvertes ptrolires importantes en Mer du Nord, elle reste dpendante de ses concessions dans le Golfe Persique et n'a pas encore rsolu son problme de charbon. (38) Le March commun est un mal de tte plus grand pour le Consortium. L'Allemagne produit seulement 56 millions de barils de ptrole par an, plus 14 millions de barils complmentaires en Libye, mais les rseaux de distribution en Allemagne sont presque entirement contrls par des entreprises amricaines. (Texaco fut capable de racheter DEA, une importante socit d'Allemagne, avec seulement le quart de ses profits annuels.)

L'Italie est moins agressive, mais aussi raliste que la France. Sa politique ptrolire est celle dfinie par Enrico Mattei et elle est lie au pipeline COMECOM sovitique Trieste. Les Italiens ont entrepris des explorations en Adriatique, Somalie, Sina, Golfe de Suez, Tunisie et Golfe Persique. En dcembre 1967 ils ont obtenu une concession de 12.000 kilomtres carrs Rub El Khali en Arabie Saoudite, avec la permission de construire un complexe ptrochimique.

En France le Ministre de l'Agriculture prsent et l'ancien Premier ministre, Edgar Faure, a crit en 1939 que "si le gouvernement a une politique ptrolire, les leaders de l'industrie ptrolire auront une politique dans le gouvernement." Jusqu'en 1939 le Consortium a domin la France aussi. Depuis l'accession de de Gaulle au pouvoir en 1958 et en particulier depuis 1963, la France a t en opposition directe aux intrts de l'industrie ptrolire amricaine. Le gouvernement franais a dj contrl une partie de la troisime socit non-amricaine dans le monde, la Compagnie Franaise des Ptroles et il a dpens plusieurs milliards de dollars pour des forages de ptrole au Sahara. Quand des considrations politiques ont forc de Gaulle rendre le Sahara aux Algriens, le gouvernement, dsireux d'obtenir l'indpendance ptrolire, a commenc regarder dans d'autres directions. Une compagnie ptrolire d'tat, l'ERAP, a t cre qui se classe aujourd'hui 17me dans le monde et dont les activits et la politique au Moyen-Orient (notamment en Irak et Iran) opre contrairement aux mthodes et aux intrts du Consortium International. (39) Aujourd'hui, la France est le partisan le plus actif de l'ide d'une organisation du ptrole du March commun. Un tel corps est indispensable en Europe, mais il est contraire aux intrts du Consortium, autrement dit, aux intrts des grandes socits amricaines. (40)

En novembre 1966, Walter J. Levy, un expert amricain, a soumis un rapport confidentiel de 52 pages la Communaut Economique Europenne (le March commun). Levy a not que "dix-huit pour cent des importations ptrolires du March commun sont contrls par les socits du March commun. (41) Comme les choses sont maintenant, ce chiffre est destin baisser." Levy a recommand l'adoption partout dans le March commun de mesures fiscales du type existant dj en France, qui sont destines stimuler les explorations de ptrole. Ces mesures sont spcifiquement diriges vers l'industrie ptrolire et sont presque aussi favorables que les privilges fiscaux accords aux compagnies de ptrole aux Etats-Unis, avec la diffrence qu'en France n'importe quelle quantit dductible d'impts doit tre rinvestie sous cinq ans dans des explorations ou des activits lies. Levy a suggr que cette disposition soit incluse dans toutes mesures fiscales adoptes par les pays du March commun.

Ce rapport, qui a t soumis au Dr Walter Hallstein, tait une indication de la proccupation du March commun du dveloppement de l'industrie ptrolire de ses Etats membres pour tre capable de rivaliser avec le Consortium. (42)

Cette orientation de la politique ptrolire du March Commun a t peine bien accueillie par le Consortium. La bataille avait dmarr. (43) Les mesures proposes par la France et Walter J. Levy pour permettre au March Commun de regagner son indpendance ptrolire tait identique celles qui avaient permis aux Etats-Unis de gagner le contrle du march.

L'industrie ptrolire a domin l'conomie amricaine autrefois durant 40 ans. (44) La crise de 1930 lui a permis d'liminer les prospecteurs indpendants et a rendu possible l'tablissement de contrles fdraux et particulirement de l'Etat, qui n'existaient dans aucune autre industrie et qui avaient l'effet de maintenir artificiellement des prix levs pour des produits du ptrole. Vous ne trouverez aucune mention de fluctuations des prix pour le brut et le gaz dans n'importe quelle publication financire. Presque toutes les matires premires brutes du monde sont cites la Bourse, l'exception du ptrole. (45)

Le march ptrolier n'est pas plus libre aux Etats-Unis qu'il ne l'est dans le reste du monde. (46) Les rgles qui dirigent les activits de l'Empire Ptrolier aux Etats-Unis sont particulirement avantageuses pour les prospecteurs et propritaires terriens, (47) ce qui explique pourquoi il y a plus d'un million de puits de ptrole sur le territoire amricain et pourquoi 400.000 d'entre eux produisent, ou sont autoriss produire, seulement 10 barils par jour (tandis qu'un puits au Mexique a une production annuelle de 7 millions de barils et plusieurs puits en Irak produisent plus de 500.000 barils par an).

Mackay, le ptrolier britannique, a remarqu une fois, "Les Amricains pillent leurs ressources naturelles." Conformment aux rgles qui ont dirig l'industrie ptrolire amricaine pendant presque 40 ans, deux-tiers des rserves des Etats-Unis ont t gaspills. Henry M. Bates, le Doyen de l'Universit de Facult de droit du Michigan, a remarqu en 1935 que "les pertes rsultant de la rgle que n'importe quel ptrole dcouvert appartient au propritaire foncier peuvent tre values plusieurs milliards de dollars et constituent la destruction la plus impitoyable et la plus injustifiable de nos ressources naturelles jamais commises par les Amricains."

Nanmoins, l'industrie ptrolire justifie sa position privilgie en indiquant le besoin de conserver les rserves ptrolires amricaines, une partie principale de la richesse de la nation et une ncessit stratgique en temps de guerre. Mais, comme le remarque Harvey O'Connor, le mot "conservation" doit tre pris avec des pincettes. Quand les ptroliers parlent de la conservation, ils parlent de la conservation de leurs profits.

Le problme est apparu pour la premire fois en 1930, quand les rserves immenses des gisements de ptrole de l'Est du Texas ont renvers l'quilibre du march. Il a t dcid que les parts de production seraient tablies chaque mois conformment la demande. Un quota national a t dcid et dans chaque tat de production de ptrole un corps spcial a t tabli pour voir qu'il a t respect. (48) Au Texas, cette tche a t assigne la commission des Chemins de fer du Texas, qui avait t cre en 1891 pour diriger les chemins de fer. En 1919 son autorit a t tendue l'industrie ptrolire. tant donne la position dominante de l'tat du Texas dans l'Empire Ptrolier, la Commission des Chemins de fer du Texas sert de modle pour les autres corps d'tat rgulateurs. Les variations annuelles dans le quota sont sans rapport avec les techniques de conservation scientifiques. (49) Les consommateurs ne sont pas reprsents non plus dans ces commissions. Le systme est, en effet, un monopole et il permet l'industrie ptrolire de coiffer toutes les autres industries amricaines dans les ventes par employ (50) et maintenir un taux stable de profits indpendamment de la situation conomique nationale et des vnements internationaux. (51)

Le systme des "prix affichs" est un des piliers de l'industrie. Ces prix ne reprsentent pas le cot net accru par une marge normale de bnfice. Au lieu de cela, ils sont fixs par le Consortium. Bien qu'il soit difficile de dterminer le cot net rel du brut, il peut tre valu un dixime du prix de vente en gros. Les socits du Consortium et les dirigeants locaux soutenus par la socit (au Venezuela comme au Moyen-Orient) empochent la plupart de la diffrence. (52) Les profits du Consortium taient et sont excessifs quand ils sont calculs sur des cots de production au Texas, mais le dernier, qui inclut dj des profits pour les oprateurs locaux, est quatre ou cinq fois plus lev que les cots nets au Moyen-Orient et trois fois plus lev que les cots nets au Venezuela.

Les producteurs indpendants amricains recommandent constamment des quotas de production plus levs pour eux. En 1954 vingt-neuf socits ont t forces de baisser la production suite la comptition du ptrole tranger. Mme la Standard de l'Indiana s'est plainte que les importations aient augment de 35 % entre 1951 et 1954, tandis qu'en mme temps on avait ordonn que sa production du Texas soit coupe de 35 %. (C'tait suite ces plaintes que les membres du Consortium ont consenti vendre aux indpendants 5 % des parts dans leurs oprations iraniennes}. Mais les protestations des indpendants avaient peu d'effet. Les grandes socits avaient des amis Washington. En 1952 un trait commercial conclu avec le Venezuela place les droits d'importation pour le ptrole du Venezuela 2 % de sa valeur, plutt que les 20 % demands par les producteurs amricains. Le Conseil National de Ressources de Scurit, soutenue par l'Agence de Scurit Mutuelle, a recommand que les taxes d'importation soient supprimes entirement "si ncessaire."

En 1955 le gouvernement a considr la limitation des importations de ptrole 10 % de la production nationale, mais les grandes socits ont promis de ne pas excder leur niveau d'importation de l'anne prcdente et cela a apparemment satisfait Eisenhower. En ralit, la Jersey Standard et les autres membres du Consortium avaient peu craindre de n'importe quelles restrictions imposes par le Congrs. Leur march tranger grandissait fermement et elles avaient des intrts diversifis aux Etats-Unis. Leurs importations de ptrole tranger leur apportaient de superprofits, mais ils faisaient de l'argent de leurs oprations intgres au Texas, Oklahoma et Louisiane aussi.

Des intrts conflictuels peuvent rarement tre rconcilis. Le Texas et le Venezuela semblaient destins se heurter, mais les hommes de la Jersey Standard taient bien verss dans l'art du compromis le plus profitable. Les grandes socits intgres font des profits sur les quatre secteurs de leurs activits : extraction, transport, raffinage et vente au dtail. La distribution est parfois gre perte et les profits de pipeline sont en grande partie factices. Le raffinage est une opration intermdiaire indispensable dont les indpendants sont privs exprs. L'extraction est la source principale de revenu, mais ce sont les oprations imbriques dans l'ensemble qui fournissent les profits. (53)

Les marges bnficiaires des petites socits, strictement productrices sont extrmement prcaires, particulirement dans le cas des raffineries indpendantes, qui sont la merci d'une augmentation lgre du cot du brut ou une baisse lgre dans le prix de l'essence. (54)

Les producteurs indpendants, intgrs, et les petits producteurs de brut sont dans une position quelque peu meilleure. Ils profitent non seulement des prix posts, mais aussi des privilges fiscaux spciaux accords l'industrie ptrolire dans son ensemble. Ces privilges fiscaux permettent aux Cinq Grands de gagner des profits colossaux en garantissant des superprofits aux grandes socits indpendantes et intgres. Ils fournissent aussi de grands profits pour les entreprises moyennes, particulirement les producteurs et c'est eux que les petits producteurs, qui dans un autre secteur de l'conomie amricaine aurait t avals il y a longtemps, devraient leur survie. (55)

Un livret intitul "Une valuation de l'Industrie du Ptrole des Etats-Unis," publi en 1965 par le Bureau du Ptrole et du Gaz (dirig par le Vice-amiral Onnie P. Lattu) consacre seulement une ligne sur 96 pages l'allocation de l'puisement. (56) Mais Milton Friedman, qui ne peut gure tre accus d'tre un socialiste, a crit un article entier sur le sujet dans l'dition du 26 juin 1967 de Newsweek :

"Peu d'industries amricaines chantent les loges de la libre entreprise plus fort que l'industrie ptrolire. Pourtant peu d'industries comptent si lourdement sur des faveurs gouvernementales spciales. Ces faveurs sont dfendues au nom de la scurit nationale. Une industrie ptrolire intrieure forte, il est dit, est ncessaire parce que des perturbations internationales peuvent interfrer si aisment la provision de ptrole tranger. La guerre isralo-arabe a produit juste une telle perturbation et l'industrie ptrolire est certaine d'y indiquer comme la confirmation du besoin de faveurs spciales. Est-ce qu'elles ont raison ? Je crois que non.

"Les faveurs spciales principales sont :

"1. puisement en pourcentage. C'est une disposition spciale de l'impt sur le revenu fdral sous lequel les producteurs ptroliers peuvent traiter jusqu' 27,5 % de leur revenu comme exempt de l'impt sur le revenu - censment pour indemniser de l'puisement des rserves ptrolires. Ce nom est un nom mal appropri. En effet, cette disposition donne simplement l'industrie ptrolire (et quelques autres auxquelles un traitement semblable a t tendu) un taux fiscal infrieur ceux d'autres industries.

"2. Limitation de la production de ptrole. Le Texas, l'Oklahoma et quelques autres tats de production de ptrole limitent le nombre de jours par mois o les puits de ptrole peuvent fonctionner ou la quantit qu'ils peuvent produire. On dit que le but de ces limitations est ' la conservation. ' En pratique, elles ont men au forage dispendieux de puits multiples drainant le mme champ. Et la quantit de production permise a t dcide principalement par les valuations de demande du march, pas par les besoins de conservation. Les autorits rgulatrices d'tat ont simplement gr un cartel des producteurs pour entretenir le prix du ptrole.

"3. Quotas l'importation de ptrole. Les importations ont menac les prix intrieurs levs mis en application selon la restriction de production de l'tranger. Ainsi, en 1959, le Prsident Eisenhower a impos une part aux importations par mer. Cette part est toujours en effet. Actuellement c'est lgrement plus de 1 million de barils par jour (moins d'un cinquime de notre consommation totale).

"Le ptrole tranger peut tre dpos aux raffineries de la Cte Est pour environ 1 $ 1,50 $ le baril, moins que le cot du ptrole intrieur. Les socits assez chanceuses pour qu'on leur accorde des permis d'importation obtiennent donc en effet une subvention fdrale de cette quantit par baril - ou un total d'environ 400 millions de $ par an.

"Ces faveurs spciales cotent aux consommateurs amricains de produits ptroliers quelque chose au-dessus de 3,5 milliards de $ par an. (Gibert Burck, Fortune, avril 1965). Ce cot stupfiant ne peut pas tre justifi par sa contribution la scurit nationale.

"Les points suivants indiquent la base pour ce jugement :

"1. Restreindre les importations peut promouvoir l'industrie intrieure, mais pourquoi payer une subvention de 400 millions de $ aux importateurs ptroliers ? Un tarif de 1,25 $ le baril limiterait les importations autant - et le Gouvernement amricain plutt que les importateurs ptroliers obtiendrait le revenu. (Je ne favorise pas un tel tarif mais ce serait moins mauvais qu'un quota).

"2. Le ptrole du Venezuela - aprs les Etats-Unis, le plus grand producteur ptrolier dans le monde - est le moins probable d'tre coup par des perturbations internationales menaant notre scurit nationale. Pourtant il est aussi couvert par le quota l'importation.

"3. Les restrictions de la production de ptrole intrieure au moins ont la vertu que la production intrieure pourrait tre tendue rapidement en cas de besoin. Mais de telles restrictions sont une faon incroyablement chre de raliser la flexibilit.

"4. L'industrie ptrolire mondiale est fortement comptitive et tendue et obtient plus ainsi. La crise du Moyen-Orient a laiss calmes de grands secteurs de production de ptrole. De plus, les pays arabes eux-mmes ne peuvent pas se permettre de refuser de vendre pendant longtemps. Seule la Troisime Guerre mondiale va probablement produire des ruptures svres de provision - et ensuite le cas d'urgence va probablement tre bref.

"5. Si toutes les faveurs spciales envers l'industrie ptrolire taient abandonnes, les prix au consommateur baisseraient brusquement. La production intrieure pourrait aussi baisser - mais alors de nouveau, si l'industrie tait libre de tous les appuis verticaux artificiels qui augmentent les dpenses et touffent l'initiative, la production pourrait augmenter plutt que baisser. Dans l'un ou l'autre cas, une industrie intrieure vigoureuse et tendue resterait, protge par la barrire naturelle des cots de transport.

"Si la production intrieure baissait vraiment, nous pourrions vouloir assurer contre un cas d'urgence en stockant le ptrole, payer pour garder des puits de rserve prts l'emploi, faire des projets pour des rductions pointues de la consommation non essentielle ou d'autres faons. Les mesures comme celles-ci pourraient fournir l'assurance une petite fraction des 3,5 milliards de $ par an que le consommateur des Etats-Unis paye maintenant.

"Le pouvoir politique de l'industrie ptrolire, pas la scurit nationale, est la raison des subventions prsentes l'industrie. Des perturbations internationales offrent simplement une excuse commode. (57) En effet, l'industrie ptrolire amricaine jouit d'un pouvoir politique extraordinaire.

Quand Kennedy est entr la Maison Blanche, le systme fiscal amricain et en particulier le systme de l'allocation d'puisement, avait permis quelques oprateurs dans l'industrie ptrolire comme H. L. Hunt d'amasser en seulement quelques annes la sorte de fortune qui avait pris Rockefeller un demi-sicle et beaucoup de patience accumuler.

Si une personne n'avait pas assez de capital, la spculation dans des oprations ptrolires ne comportaient pratiquement aucun risque. Elle pouvait prendre le capital qui serait normalement impos au taux de 90 % et l'investirait dans de nouveaux puits de ptrole. Un spculateur avec 900.000 $ dans cette catgorie fiscale pourrait forer neuf puits ( un cot moyen de 10.000 $). Les probabilits taient qu'un puits sur neuf serait productif. Les huit puits secs lui auraient cot 10.000 $ chacun, tous exempts d'impt et le neuvime lui donnerait une fortune. Avec une petite persvrance, n'importe quel spculateur pourrait faire un million.

Les groupes ou les joint-ventures permettaient aux citoyens avec des revenus plus modestes, mais dont le revenu tait toujours en partie impos dans la fourchette de 90 %, de faire la mme chose. Ces personnes achteraient des intrts fractionnaires dans un puits de ptrole. Certains d'entre eux sont mme arrivs ne jamais voir "leur" bien, mais chaque dollar fiscal qu'ils ont investi reprsentait un gain d'approximativement 25 % sur leur capital. Dans la guerre et la priode immdiate de l'aprs-guerre, l'investissement dans l'industrie du ptrole tait une des faons les plus videntes et attirantes de rduire la responsabilit d'impt sur le revenu personnel. Pour les amateurs ce systme tait toujours, jusqu' un certain degr, une spculation, mais le mme n'tait pas vrai des grandes socits, qui employaient des gologues expriments et commandaient un capital illimit. (58)

Ces privilges spciaux constituaient une anomalie internationale et ils cotaient la nation plusieurs milliards de dollars chaque anne. (59) Il a t valu que l'abolition de ces faveurs aurait permis au gouvernement d'viter l'augmentation fiscale de 1951 qui s'adressait aux contribuables gagnant aussi peu que 4.000 $ par an. Les ptroliers, prenant conscience de l'importance de ces privilges, prtendaient toujours que leur abolition gnerait de nouvelles explorations. Mais le nombre fantastique de puits fors aux Etats-Unis reprsente un gaspillage des ressources naturelles.

En 1963, les ptroliers ont avanc d'autres arguments. (60) Ils ont not que le march pour le brut amricain avait grandi de 1 milliard de barils en 1930 presque 2 milliards en 1950 et presque 3 milliards en 1963 et ils ont fait connatre leur "souci" d'un manque futur. Leurs pronostics prudents et apparemment pessimistes, cependant, ne furent pas confirms par des experts l'esprit plus indpendant. Le professeur A. I. Levorsen de l'Universit de Stanford avait dclar en 1949 que les rserves ptrolires du monde taient suffisantes pour couvrir les besoins du monde pendant les cinq sicles suivants et d'autres scientifiques ont valu que seulement 1/1.000e de la surface de la terre et de la mer avaient t explors jusqu' prsent. (61)

Les ptroliers se plaignaient aussi que cela devenait de plus en plus dur de trouver un ptrole en quantit suffisante pour le rendre aussi facilement extractible et aussi profitable que dans le pass. Entre 1956 et 1967, cela a pris deux fois plus de nouveaux forages pour faire une dcouverte profitable compare avec 10 ans plus tt.

Ces arguments sont devenus le thme du Conseil National du Ptrole, le seul lobby reprsentant les intrts privs qui jouit d'une position officielle. Le NPC a t fond en 1946 et est compos des reprsentants des bureaux principaux des grandes socits. Il lit son propre Prsident. En ralit, c'est le NPC qui dfinit la politique ptrolire du gouvernement fdral, dans l'esprit de la maxime de John Jay : "Le pays devrait tre dirig par ceux qui le possdent." (62) le Prsident des Etats-Unis n'a aucune immixtion des affaires.

Il y a un demi-sicle, les ptroliers manquaient de l'influence la Maison Blanche qu'ils avaient au Congrs. Ils considraient le Prsident avec soupon. Pour eux, le pays tait all aux chiens depuis McKinley. Le pouvoir du lobby ptrolier tait un souci pour chaque Prsident qui entrait la Maison Blanche aprs l'accession au pouvoir de la Jersey Standard et ses petits frres et surs. En 1920 le Prsident Harding a t lu avec le support massif de l'industrie ptrolire. Deux membres de son Cabinet taient des ptroliers (Hughes de Standard et Fall, un associ de Sinclair). Coolidge et aprs lui Hoover, n'ont rien fait pour dplaire aux magnats ptroliers. Le jour de la mort de Franklin D. Roosevelt, un ptrolier de San Antonio a organis une rception norme pour fter. Roosevelt, nanmoins, n'avait pas t particulirement agressif envers l'industrie ptrolire. Le climat d'avant-guerre n'tait gure favorable et la guerre, qui continuait toujours au moment de sa mort, avait apport un boom dans les affaires ptrolires.

En 1950 le Prsident Truman a examin le systme d'allocation d'puisement et les ptroliers ont appris que le Prsident estimait qu'une exonration qui retenait de telles quantits de la Trsorerie n'tait pas quitable. Cette mme anne Hubert H. Humphrey, alors un nophyte politique et considr comme un libral, a prsent un amendement au projet de loi fiscale qui rduirait l'allocation d'puisement. L'amendement a t rejet. Il a t rintroduit en 1951, mais rejet de nouveau par une marge de 71 9. En 1952 le Prsident Truman s'est tourn de nouveau vers le problme, mais n'importe quelle dcision qu'il pouvait faire tait la merci du Congrs et Harry Truman aimait la vie calme. Nanmoins, pendant ses derniers jours en fonction il a adopt une des ides de Roosevelt et a dclar que la plate-forme continentale (une extension du littoral amricain) faisait partie des rserves nationales et devrait tre place sous le contrle du Ministre de la Dfense nationale. La valeur du ptrole au-dessous de la mer avait t value 250 milliards de $ et Truman a estim que ce serait folie de laisser ce ptrole, qui tait essentiel pour la dfense nationale, tomber dans des mains prives, obligeant le gouvernement le racheter des prix levs.

En 1952 Eisenhower a reu le lourd soutien financier de l'industrie ptrolire dans sa campagne contre Adlai Stevenson. Ike savait comment dire des remerciements. Quand le projet de loi de Truman est arriv devant le Congrs, la Chambre l'a rejet en faveur d'une mesure reconnaissant les droits de proprit des tats sur n'importe quel ptrole dcouvert dans les dix miles et demi [19,45 km] (douze [22,2 km] pour le Texas et la Floride) de leur littoral. Le gouvernement fdral s'est retrouv avec seulement un droit de premption sur les ressources de son ancien territoire. Le projet de loi fut vot postrieurement dans la loi par le Snat. (63)

En 1954 l'offensive timide du snateur Humphrey a t prise par les snateurs Douglas (Illinois) et Williams (Delaware), dont les deux amendements prsents concernaient l'allocation d'puisement. Le snateur Douglas a not qu'en 1953 une socit d'un revenu net de 4 millions de $ avait pay seulement 404 $ en impts, qu'une autre n'avait rien pay sur un revenu de 5 millions de $ et qu'une troisime socit avec des profits de 12 millions de $ avait reu une subvention de 500.000 $. Les amendements ont t rejets.

Le 27 mars 1957, le snateur Williams a de nouveau prsent un amendement qui rduirait l'allocation d'puisement de 27,5 % 20 %. Il a expliqu au Congrs que ce privilge avait t institu pendant la Premire guerre mondiale, quand il s'levait seulement 5 %. Plus tard il avait t augment 12.5 %, puis 25 % et finalement 27.5 %. l'origine cela avait t un puisement de dcouverte, permettant le rtablissement de l'investissement, "mais le prsent taux d'puisement ptrolier de 27,5 % donne videmment un avantage fiscal spcial pour l'industrie ptrolire au-dessus de celui obtenu par d'autres contribuables." Il a ajout que quand le taux prsent de 27,5 % avait t adopt en 1926, le taux d'impt sur les socits tait approximativement de 14 %. L'allocation d'puisement ne reprsentait donc pas une norme somme d'argent. Mais en 1957, "avec notre taux de socit actuel, cette dduction de vente brute de 27,5 % ou allocation d'puisement, reprsente une norme mine d'or exempte d'impt. (64)

"L'importance de l'puisement en pourcentage est souligne plus videmment dans la connexion avec les oprations de socits trangres," a-t-il continu. "Le Ministre de l'Economie et des Finances soumis trois exemples de la manire dont cela fonctionne. La socit A avec des bnfices totaux d'approximativement 200 millions de $ a annonc une obligation d'impt des Etats-Unis de 103.887.000 $. Elle a pay les impts trangers qui sont dductibles d'impts des Etats-Unis d'un montant de 103.323.000 $, laissant une obligation d'impt des Etats-Unis de 564.000 $. Cette socit a une allocation d'puisement permise totale de 91.879.000 $.

"La socit B a annonc un revenu d'approximativement 150 millions de $. Son puisement permis total tait de 123.977.000 $ et elle a annonc une obligation d'impt des Etats-Unis de 78.961.000 $. Les impts annoncs comme pays aux pays trangers par la Socit B se sont levs 98.319.000 $ et le crdit permis pour les impts trangers pays tait de 77.087.000 $, laissant une obligation d'impt des Etats-Unis aprs le crdit d'impt tranger de 1.874.000 $. La socit C a annonc un revenu d'approximativement 33 millions de $. L'puisement total permis de la Socit C tait de 44.895.000 $. La responsabilit d'impt des Etats-Unis de cette socit tait de 17.325.000 $ et les impts trangers pays taient de la mme somme, le crdit tant donn pour le total, laissant la Socit C sans obligation d'impt des Etats-Unis."

Le snateur Williams a cit et a insr dans le Journal Officiel du Congrs le tmoignage de M. Paul E. Hadlick, conseil gnral de l'Association Nationale de Marchands Ptroliers, au Comit de Finances du Snat. M. Hadlick avait prpar une liste des revenus et des impts pays par les 23 plus grandes compagnies de ptrole. Ses chiffres indiquaient que Humble Oil avait pay 30 millions de $ dans des impts sur le revenu fdraux sur un revenu net de 145 millions de $, que Socony Vaccuum Oil avait pay 51 millions de $ sur un revenu net de 171 millions de $, que Standard Oil de la Californie avait pay 40 millions de $ sur un revenu de 174 millions de $ et que la Socit du Texas avait pay 47 millions de $ dans des impts sur un revenu de 181 millions de $.

Le Snateur Barrett (Wyoming) a rpliqu que "l'allocation d'puisement est base sur le grand risque impliqu dans le forage et la dcouverte du ptrole," et il a attir l'attention du Snateur William au fait que "notre premire ligne de dfense se trouvera dans l'aviation, mais les avions ne seront pas capables de livrer les bombes sans essence haut indice d'octane et en abondance, je pourrais dire." (65) le snateur Carlson (Kansas) a dclar : "Ceux de nous qui sommes familiers avec les rserves dans le stripper well (NdT: puits dont la production a chut moins de 10 barils/jour) sont dans une position pour savoir que les producteurs doivent avoir l'allocation d'puisement de 27,5 % et tout autre encouragement qu'ils peuvent avoir, ou les Etats-Unis perdront des millions des barils de ptrole, qui ne sortiront jamais de la terre." Les snateurs Monroney (Oklahoma) et Martin (Pennsylvanie) se sont joints au chur. Le snateur Williams a cit une dclaration du Ministre des Finances en 1937 : "C'est l'chappatoire la plus vidente dans notre loi de revenu actuelle." Nanmoins, il a not, l'puisement n'avait pas t discut pendant les auditions de 1937 et le comit n'avait fait aucune recommandation dans son rapport sur le sujet " cause du manque de temps."

"M. le Prsident," a continu le snateur Williams, "aujourd'hui nous entendons le mme argument : manque de temps." Le snateur Williams a parl pendant 15 autres minutes et a ensuite appel un vote. Le snateur Johnson (Texas) a suggr l'absence d'un quorum. Mais il y avait un quorum, le vote a t maintenu et l'amendement a t rejet.

Le snateur Douglas de l'Illinois a alors prsent son amendement, qui maintenait le pourcentage de 27,5 % sur les revenus n'excdant pas 1 million de $, mais l'a baiss 21 % pour les revenus entre 1 $ et 5 millions de $ et 15 % pour les revenus excdant 5 millions de $. Le snateur Aiken (Vermont) a soutenu l'amendement de Douglas. "Je crois que quand ces normes allocations d'puisement sont donnes un segment de notre conomie, cela signifie que d'autres gens doivent fouiller dans leurs poches pour les compenser," a-t-il dit, ajoutant qu'en 1955, "la dduction d'puisement totale tait d'approximativement 2.800.000.000 $. Puisque l'impt sur les socits aurait t de 52 %, cela a abouti une conomie d'impt de 1.500.000.000 de $ aux compagnies de ptrole." Mon amendement, " il a continu," sauvegarderait approximativement 700 millions de $ du Trsor. Je veux souligner de nouveau qu'il ne frapperait pas le petit foreur. Le poids tomberait presque entirement sur les grandes socits. " Il a continu citer les exemples de compagnies de ptrole qui ne payaient pas un cent d'impts (sur 7 millions de $ dans le revenu), ou 1 % d'impts (sur 1.800.000 $ en revenu), ou 6 % (sur 95 millions de $ en revenu), tandis que dans d'autres industries les socits taient imposes au taux de 52 %.

La parade des membres d'un groupe de pression pour l'industrie ptrolire a commenc. Le snateur Long (Louisiane) a dclar : "Je dois m'opposer cet amendement. Je suggre qu' bien des gards il se rsume tre le type absolu de l'injustice. C'est un amendement qui propose de dire : le Ptrolier Rich peut gagner et recevoir 1 million de $ par an et conserver toujours l'allocation d'puisement de 27,5 %. D'autre part, la grand-mre Jones qui n'a pas l'importance ou la prominence d'un homme ptrolier et du gaz indpendant possde 200 $ d'actions dans une compagnie ptrolire et elle reoit un revenu de 20 $ par an de cette proprit... je voudrais protger le petit dividende de 20 $ de la grand-mre Jones."

Le snateur Johnson (Texas) a de nouveau suggr l'absence d'un quorum. Le greffier a fait l'appel. Quatre-vingt-sept snateurs taient prsents. Il y avait un quorum. Le snateur Douglas a alors demand les oui et les non, mais sa requte n'a pas t suffisamment seconde. On n'a pas ordonn les oui et les non et l'amendement a t rejet. Le Snat s'est tourn vers l'examen d'un amendement concernant les impts du transport, que l'on considrait trop hauts pour les tats Occidentaux.

L'anne suivante, le 11 aot 1958, le snateur Williams a prsent son amendement de nouveau. Il a t oblig d'attendre pendant quatre heures jusqu' ce qu'il y ait assez de snateurs prsents. Il leur a rappel de ce que le snateur La Follette avait dit en 1942 : "A mon avis cet puisement en pourcentage est un des plus mauvais systmes de projet de loi et maintenant il est tendu. Nous investissons les intrts qui reviendront nous harceler. Si nous devons inclure toutes ces choses, pourquoi nous ne mettons pas  dans le sable et le gravier; pourquoi nous ne prvoyons pas pour l'puisement dont le fermier souffre par l'rosion du sol de sa ferme ?"

Le snateur Taft avait donn suite la remarque du snateur La Follette avec une remarque lui: "Je pense avec le snateur du Wisconsin que l'puisement en pourcentage est en grande partie un cadeau... un privilge spcial au-del de ce tout autre peut obtenir." Le snateur Dirksen (Illinois) a fait un long discours dclarant que le problme des besoins de dfense nationaux et la prcarit des provisions ptrolires au Moyen-Orient "vaut infiniment plus qu'une question de savoir si les compagnies de ptrole obtiennent quelques millions de dollars de plus ou quelques millions de dollars de moins que... les compagnies de ptrole," a-t-il ajout, "qui ont donn leur meilleur au pays."

Le snateur Williams a reconnu que "il est toujours populaire de dfendre le petit camarade, mais qu'est-ce qui est petit d'un homme avec un revenu d'un million de dollars ?" Il a not qu'en 1955 la dduction d'puisement pour toutes les socits s'tait leve 2.805.500.000 $ et que 67 % de cette dduction avaient profit aux socits avec des actifs nets de plus de 100 millions de $. Il a demand pourquoi la dduction pour l'puisement ptrolier n'tait pas la mme que celle pour le mtal (15 %) ou le charbon (5 %). Il a conclu : "Une des chappatoires vraiment majeures dans le code fiscal est la mthode par laquelle les plus-values de cessions peuvent tre appliques aux proprits ptrolires et du gaz," et il a produit un document qui expliquait exactement pourquoi les leaders de l'industrie du ptrole et du gaz naturel taient opposs une rduction du taux fiscal pour les tranches de revenu les plus hautes. (66) Une telle rduction, qui tait supporte par la majorit des socits nationales et des contribuables, aurait signifi une diminution dans les revenus des ptroliers.

L'amendement du snateur William a t mis au vote et dfait par une marge de 63 26. Un amendement semblable mais moins libral prsent par le snateur Proxmire (Wisconsin) a t aussi dfait, cette fois par une majorit de 58 43. Le snateur John Kennedy (Massachusetts) a vot contre l'amendement de Williams et en faveur de l'amendement du snateur Proxmire. Quand le vote sur le deuxime amendement a t annonc, le snateur Johnson (Texas) remarqua, "M. le Prsident, je ne pense pas que nous devrions demander au Snat de rester plus tard ce soir."

Les ptroliers et leurs reprsentants au Snat taient d'autant plus concerns de ces amendements parce que 1957 avait t une anne record pour la production de ptrole au Moyen-Orient et tout indiquait que l'expansion continuerait. (En fait, la production du Moyen-Orient est monte de 6 milliards de barils en 1958 9,7 milliards de barils en 1963.) En 1959 le Prsident Eisenhower a impos des quotas l'importation du ptrole tranger. Le prix de vente du ptrole amricain intrieur, qui tait fermement mont depuis la fin de la Dpression et avait baiss en 1959, s'tait tenu stable en 1960. (67)

Le 18 juin 1960 le snateur Douglas a rintroduit son amendement. Il a not que les allocations d'puisement totales prises pouvaient s'lever 4 milliards de $ cette anne. Il a prsent ses collgues du Congrs 20 pages de documents, faisant remarquer que si les autres snateurs taient incapables de l'entendre (car il y avait seulement trois autres personnes l'tage), ils pourraient peut-tre les lire. Le jour suivant, le 20 juin, son auditoire tait plus grand. Le snateur Douglas a dcrit son amendement comme "une tentative trs modre de rduire le racket fiscal le plus grand dans le systme du revenu amricain tout entier. Il est probablement sr de dire," a-t-il continu, "que les allocations d'puisement donnes au gaz et l'industrie ptrolire s'lvent maintenant bien plus de 2,5 milliards de $ par an. J'ai mis dans le Rapport maintes reprises les rapports de 28 compagnies de ptrole - que je ne nommerais pas et que j'identifie seulement par la lettre, mais que je pourrais nommer - qui montre qu'il y avait une socit qui en 5 ans avait des bnfices nets de 65 millions de $ et a non seulement pay aucun impt, mais a reu 145.000 $ en retour du Gouvernement. Il y a beaucoup d'autres socits qui ont un rapport favoris semblable.

"Ma proposition est modeste. Je ne propose pas de supprimer l'allocation d'puisement. Je ne propose pas de la rduire travers le conseil. Je propose simplement de prsenter une rduction modre, graduelle. Sur le premier million de $ de revenu brut il n'y aurait aucune rduction du tout. Cela resterait 27,5 %. Sur le revenu brut de 1 million de $ 5 millions de $, l'allocation d'puisement serait de 21 pour cent. Sur le revenu brut de plus de 5 millions de $, l'allocation d'puisement serait de 15 pour cent. C'est une proposition trs modre.

"M. le Prsident, cette question a fait face au Snat et la Nation pendant au moins une dcennie. C'est maintenant devant nous de nouveau. Nous devons prendre notre dcision quant ce que nous ferons. Il est le temps que nous mettions notre systme fiscal en ordre. Dans notre systme fiscal quelques personnes payent trop parce que d'autres payent trop peu. Le temps est venu o nous devrions traiter avec cette question. L'allocation d'puisement ne peut continuer sans aucun dlai fix. Elle arrive aprs que la dprciation soit permise et pleinement prise en compte. Tant que le ptrole et le gaz fonctionnent, l'allocation d'puisement peut continuer tre prise. Il y a des cas dans lesquels la quantit de l'puisement est beaucoup de fois le cot original total, qui souvenez-vous a dj t dduit dans la pratique de dprciation. Je pense que les snateurs sont conscients des questions en jeu. Je veux dire l'industrie du gaz et ptrolire, qui s'est battue avec cet amendement pendant des annes, que s'ils sont de nouveau couronns de succs dans la dfaite de cet amendement, comme ils peuvent bien tre, il va probablement y avoir dans le pays une tempte d'indignation. "

Mais l'indignation n'est pas une motion commune au Snat. L'amendement du snateur Douglas aurait abouti une perte de 350.000.000 de $ pour l'industrie ptrolire. Un vote a t tenu et l'amendement a t dfait par 56 30. (68) le snateur John Kennedy (Massachusetts) a vot en sa faveur. (69)

la Convention Dmocratique de 1960, les reprsentants des tats ptroliers, dirigs par Sam Rayburn, ont soutenu la candidature de Lyndon Johnson, mais Kennedy a gagn la nomination. Au printemps 1961, M. Morgan Davis (70) remarqua pendant un djeuner priv, "Il est impossible de s'entendre avec cet homme."

Comme Snateur, John Kennedy n'avait pas t populaire auprs des ptroliers, mais ils n'avaient pas peur de lui. Ils savaient que son pre Joseph avait investi une grande partie de sa fortune dans les affaires ptrolires et ils ne pouvaient pas concevoir ce son fils, mme s'il devait devenir Prsident, oserait prendre position qui irait contre son propre intrt et les intrts financiers de sa famille. (71) H. L. Hunt a exprim le mme avis quand il s'est confi Playboy en 1966, "On connat des catholiques anticommunistes et je n'avais jamais vu de preuve d'irresponsabilit fiscale dans la famille Kennedy."

Les ptroliers avaient tort. Le nouveau Prsident a dcid d'aborder la question. Bien qu'il ne soit pas all aussi loin que John Ise, (72) il a senti, comme Roosevelt, que le contrle de l'conomie nationale ne devrait pas tre autoris continuer dans les mains de quelques-uns, mais devrait tre agrandi pour inclure des millions de citoyens ou tre repris par le gouvernement, qui dans une dmocratie est responsable du peuple. Mais il savait aussi que n'importe quel nouvel examen des principes de libre entreprise et but lucratif du point de vue moral, social ou mme national serait rejet non seulement par les ptroliers, mais aussi par beaucoup d'autres citoyens comme une attaque sur le mode de vie amricain. Dans le pass, de telles attaques par l'administration et le Ministre de la Justice avaient t dfaites. (73)

La seule chance pour une modification des structures de l'Empire Ptrolier se trouve dans une crise majeure, interne ou externe - une crise conomique ou une guerre. Mais le Prsident Kennedy travaillait pour la paix et l'expansion conomique et il savait que ses objectifs ne pouvaient pas tre atteints moins que les principes de l'autarcie amricaine n'aient t examins de nouveau et leur action destructive stoppe progressivement.

Une anne aprs qu'il soit entr la Maison Blanche, en 1962, le nouveau Prsident a tudi les rapports de ses conseillers et a dcid d'agir. Il avait ragi avec violence aux prceptes de la sidrurgie; dans le cas du ptrole, il a dispos ses plans plus prudemment. Le 16 octobre 1962, une loi connue comme le Kennedy Act a supprim la distinction entre les profits rapatris et des profits re-investis l'tranger dans le cas de socits amricaines d'oprations l'tranger. Tous les deux taient dornavant soumis la taxation amricaine. La loi a aussi cherch distinguer entre des "bons" bnfices rsultant d'oprations commerciales normales et des revenus "suspects" canaliss un certain point dans le circuit commercial par des socits subsidiaires places dans des refuges fiscaux l'tranger.

Cette mesure tait destine l'industrie amricaine dans son ensemble, mais elle a particulirement affect les compagnies de ptrole, qui avaient les activits les plus grandes et les plus diversifies l'tranger. (74) A la fin de 1962, les ptroliers valuaient que leurs bnfices sur le capital investi l'tranger, qui en 1955 avaient gal 30 %, chuteraient 15 % comme rsultat de ces mesures.

Mais la deuxime mesure de Kennedy tait beaucoup plus importante et infiniment plus dangereuse. Elle affectait non seulement les socits d'investissements l'tranger, mais toutes les socits qui, d'une manire ou d'une autre, profitaient du statut privilgi de l'industrie ptrolire. Elle mettait en question tant le principe que les taux des privilges fiscaux, l'utilisation incorrecte des dollars fiscaux et l'allocation d'puisement. Si elle tait adopte, elle saperait le systme entier sur lequel l'Empire Ptrolier tait bas.

Le 24 janvier 1963, dans la prsentation de son projet de loi au Congrs, le Prsident Kennedy a dclar, "Maintenant il est temps d'agir. Nous ne pouvons pas nous permettre d'tre timides ou lents." Pour lui, le fait que a allait tre difficile rendait tout cela des plus ncessaires d'agir. Mais l'Empire Ptrolier n'tait pas la sidrurgie. Ses leaders taient d'un caractre diffrent. Ludwell Denny avait dit, "Nous nous battons pour le ptrole." En se colletant avec les ptroliers, Kennedy commenait la dernire anne de sa vie. Il considrait ses mesures fiscales comme le premier pas dans une norme rforme nationale.

Comme George Washington a dit Henry Lee le 31 octobre 1786, "Les prcdents sont des choses dangereuses." Les ptroliers le pensaient aussi. "Pensez" est la devise de l'homme d'affaires. Une fois qu'ils eurent dtermin ce qui devait tre fait, ils se mirent choisir leur champ de bataille et prparer mticuleusement leurs plans.

NOTES

1. L'volution de production de ptrole du monde entre 1860 et 1966 tait comme suit :

 

 

1860

1930

1966

 

 

 

 

Etats-Unis

476.000 b

861 millions b

2,9 milliards b

URSS

 

135 millions b

1,9 milliards b

Venezuela

 

140 millions b

1,2 milliards b

Moyen Orient

 

42 millions b

3,3 milliards b

Reste du monde

21,000 b

 

2,2 milliards b

 

2. Des 20 plus grandes compagnies de ptrole dans le monde avec un chiffre d'affaires annuel dans le voisinage de 57 milliards de $, 14 sont amricaines (42 milliards de $), une est anglo-hollandaise et une autre britannique (1 milliard de $) et une est belge (700 millions de $). Mais l'influence amricaine s'tend mme ces socits trangres.

Company

Country

Turnover

 

 

(in millions of dollars)

 

 

 

Standard Oil (NJ)

ETATS-UNIS

$12, 191

Royal Dutch Shell

GB-Hollande

7,711

Mobil Oil

ETATS-UNIS

5,253

Texaco

ETATS-UNIS

4,427

Gulf Oil

ETATS-UNIS

3,781

Shell Oil

ETATS-UNIS

2,789

Standard Oil (Ind.)

ETATS-UNIS

2,708

Standard Oil (Calif.)

ETATS-UNIS

2,698

BP

GB

2,543

Continental Oil

ETATS-UNIS

1,749

Phillips Petroleum

ETATS-UNIS

1,686

Sinclair Oil

ETATS-UNIS

1,377

Union Oil California

ETATS-UNIS

1,364

CFP

France

1,140

ENI

Italy

1,093

Signal Oil and Gas

ETATS-UNIS

847

ERAP

France

806

Petrofina

Belgium

704

Ashled Oil and Refining

ETATS-UNIS

699

Industry Oil

ETATS-UNIS

695

 

3. Dans la priode entre 1930 et 1966, la consommation d'nergie a doubl tous les 15 ans et la consommation de ptrole a augment de 19 60 %.

En 1938, le monde a consomm seulement 2,1 milliards de barils de produits du ptrole. En 1971 il consommera 14 milliards de barils par an et en 1980 28 milliards de barils.

4. En Europe, malgr l'utilisation croissante du gaz naturel (qui en 1965 a fourni 4 % de toute l'nergie consomme, en comparaison de 0 % en 1950) et l'apparition d'nergie atomique (0,4 % en 1966), la consommation de ptrole est monte fermement (de 10 % en 1945 45 % en 1965), tandis que la consommation de charbon a fermement chut (38 % en 1965, en comparaison de 75 % en 1945).

5. Les sorties provisoires du pipeline COMECOM sont places Neutspils et Klaipeda dans les pays baltes, Berlin-Est, Most (Tchcoslovaquie), Vienne, Budapest et Trieste (Italie).

6. 95 % de la population d'Arabie Saoudite sont toujours illettrs. Le pays a 750.000 esclaves. Les syndicats sont interdits conformment la loi et la peine de mort est inflige avec le bton.

Si les royalties payes au Sultan du Kowet taient divises galement parmi son peuple, chaque citoyen kowetien aurait un revenu annuel de plus de 1.500 $, donnant au Kowet un des niveaux de vie les plus hauts de n'importe quel pays sous-dvelopp. Au lieu de cela, le revenu annuel moyen en Kowet est de 100 $. 98 % de la population sont illettrs et 85 % souffrent de tuberculose.

Une exception cette rgle est le Sultan de Bahrayn, qui contribue une grande partie de ses royalties la trsorerie d'tat. Sur son territoire, la plupart des logements ont l'eau courante, les conditions sanitaires sont satisfaisantes, et l'ducation publique se dveloppe rapidement. Nanmoins, le Sultan de Bahrayn est le plus pauvre des dirigeants du Moyen-Orient. En 1955 il a reu seulement 8,5 millions de $ en royalties, en comparaison de 36 millions de $ pays Qatar, 84 millions de $ l'Iran, 223 $ en Irak et 280 $ chacun l'Arabie Saoudite et au Kowet. L'Iran est relativement prospre, mais l'Irak est continuellement secou par la corruption, l'intrigue politique et des assassinats.

7. Les investissements amricains sont monts l'tranger de 1,4 milliards de $ en 1943 10 milliards de $ en 1958 (dont 5,1 milliards de $ taient annoncs) et 28 milliards de $ en 1967 (dont 15 milliards de $ taient annoncs). En 1967, les investissements amricains en Europe se sont levs 10 millions de $ dans l'industrie minire, 290 millions de $ dans des industries diverses, 640 millions de $ dans l'industrie chimique, 795 millions de $ dans l'industrie de machinerie et 1.200 millions de $ dans l'industrie ptrolire.

8. Frank W. Abrams, l'ex Prsident de Jersey Standard, unie avec General Motors, US Steel et plusieurs autres socits pour former un comit pour l'aide conomique l'ducation dans un effort de conjurer ce qu'il considrait comme une menace future pour les investissements industriels.

En 1955 le Snateur Fulbright a cit une brochure dite par Socony Mobil pour les tudiants la recherche d'emploi qui les avertissait que leurs "avis personnels" pourraient leur causer des difficults dans leur carrire. Sa critique, avec une protestation du magazine d'anciens tudiants de Princeton, a fait que la brochure a t retire, mais l'attitude paternaliste et totalitaire des compagnies de ptrole a continu, inchange.

9. Des chiffres sortis par la Chase Manhattan Bank montrent qu'entre 1934 et 1950, les 30 plus grandes compagnies de ptrole ont dplac plus de 121 milliards de $, avec les bnfices nets de 12 milliards de $ et des impts de 4 milliards de $. Ces socits avaient enlev si peu de prts que seulement 700 $ taient pays en intrt. 12 milliards de $ sont apparus sur les bilans en forme de dprciations de valeurs, amortissements et rserves. Des 12 milliards de $ de profits, 7 milliards de $ ont t rinvestis et 5 $ distribus aux actionnaires.

10. Les actifs de la famille Rockefeller sont maintenant limits 15 %, mais les 100 actionnaires les plus importants (d'un total de 300.000), dont la plupart sont des descendants de John D. Rockefeller et ses associs, possdent plus de 40 % des parts.

11. Une de ses "petites surs," Socony Mobil (en ralit la Standard Oil de New York) a des actifs de presque 5 milliards de $ et la Standard Oil de l'Indiana a presque 4 milliards de $ dans des actifs. En 1966 la Jersey Standard a gagn 1.090.944.000 $ en profits, dont les deux-tiers venaient de ses filiales l'tranger. Des dernires, Creole du Venezuela, par exemple, gagne gnralement des profits autour de 30 %. Creole et Lago, la deuxime filiale vnzulienne de la Standard, ensemble avec Imperial du Canada, Imperial Petroleum en Amrique latine, Esso Standard et ses autres filiales trangres, ont gagn plus de 800 millions de $ en profits en 1966.

12. Le premier puits de ptrole a t for par Edwin Laurentine Drake. Mieux connu comme le Colonel Drake, qui a dcouvert un ptrole 69 pieds (21 m) Titusville le 8 septembre 1859. Nanmoins, il a t renvoy en 1864 par son employeur, Seneca Oil, et reut la somme drisoire de 731 $ en compensation. L'tat de Pennsylvanie a montr sa gratitude en lui accordant une pension annuelle de 1.500 $.

13. Aujourd'hui, la Royal Dutch Shell est l'entreprise industrielle prive la plus importante en Europe occidentale et peut-tre dans le monde ( l'exception des Etats-Unis).

14. Shell a une politique de former une socit nationale dans chaque pays o elle opre.

15. Le gouvernement britannique a investi approximativement deux millions et demi de

16. La Turkish Petroleum Company (qui n'tait pas turque du tout) possdait des gisements de ptrole en Msopotamie. Avant la Premire guerre mondiale elle tait partage entre l'Anglo-Iranian (50 %), la Royal Dutch (20 %) et la Deutsche Bank, dont la part de 25 % fut saisie par les Anglais au dbut de la guerre. Pour s'tre allie avec l'Allemagne, la Turquie a t dmembre en 1918 et la Grande-Bretagne a nomm les dirigeants des anciennes colonies ottomanes. Mais le butin de guerre a t partag sous la couverture des mandats de la Socit des Nations. La part de l'Allemagne de 25 % a t remise la Compagnie Franaise des Ptroles en change d'une indemnit et d'une permission franaise d'installer un pipeline travers ses mandats syriens et libanais.

17. C'est difficile pour nous d'imaginer aujourd'hui un temps o la politique trangre des Etats-Unis tait base sur la rivalit entre Shell et la Standard, quand on a refus Shell le droit de participer aux offres pour des concessions possdes sur le plan fdral et quand les auteurs ont prophtis la guerre entre la Grande-Bretagne et l'Union.

18. Les 5 % restants sont alls chez le courtier, Gulbenkian.

19. De plus, les socits ont mlang le ptrole irakien avec le ptrole de l'Iran et de l'Arabie Saoudite, rendant difficile de dterminer le cot rel.

En 1939 la Jersey Standard estimait qu'elle tait rembourse de tout son investissement irakien original. Nanmoins, la production irakienne a t retenue en faveur de la production en Arabie Saoudite et en Iran, o les royalties payes taient trs basses (4 shillings par tonne de brut en Iran, plus 20 % des profits).

20. Au dbut de la guerre, la position difficile des Allis au Moyen-Orient a amen Roosevelt considrer la participation du gouvernement dans Aramco, de la mme manire que le gouvernement britannique avait gard une majorit dans l'Anglo-Iranian depuis 1914. Mais la Standard de Californie et Texaco ont continu retarder les pourparlers et une fois que Rommel a t dfait, les deux socits ont mme refus de considrer l'admission du gouvernement comme un actionnaire minoritaire. Ils sentaient, et il y avait peu de preuves pour les contredire, qu'ils aimaient dj la protection du gouvernement.

Les socits du groupe Aramco-Caltex ont russi viter les impts amricains sur leurs profits de guerre en fondant de nouvelles socits dans les Bahamas et au Canada.

21. La Dutch Shell est plus riche et plus influente que la n1 des Pays-Bas. Deux autres socits hollandaises, Phillips et Unilever, ont une position internationale. Ces trois rendent difficile au gouvernement des Pays-Bas d'avoir une politique conomique indpendante.

22. Les actifs iraniens d'Anglo-Iranian ont t valus 1 milliard de $.

23. L'action de la C.I.A. est reprsente non seulement par la nature singulire du service de renseignements amricain (voir le Chapitre 15, les Espions), mais aussi par le fait que le Pentagone et l'ion Washington ont craint qu'avec la raffinerie Abadan ferme, l'Arme de l'air puisse manquer de carburant en cas de Troisime Guerre mondiale. Un tel manque tait dj arriv pendant la Guerre de Core.

24. Ils ont valu les profits bruts de l'Anglo-Iranian depuis 1914 5 milliards de $, dont 500 millions de $ taient partis l'Amiraut sous forme de mazout bon march, 350 millions de $ aux actionnaires, 1,5 millions de $ au trsor britannique et 2,7 millions de $ la socit pour des dprciations et de nouveaux investissements.

ces sommes ils ont compar les royalties payes en Iran : avant 1920, rien; de 1921 1930, 60 millions de $; entre 1931 et 1941, 125 millions de $, principalement sous forme d'quipement militaire qui sera postrieurement utilis contre eux par les Anglais et les Russes.

En 1951, l'Iran a reu 18 cents sur chaque baril de ptrole (un baril gale 42 gallons [159 litres] et pse une moyenne de 306,6 livres [139 kg]). En comparaison, Bahrayn a reu 35 cents, l'Arabie Saoudite 36 cents et l'Irak 60 cents.

Les Iraniens se plaignaient aussi que presque tout le gaz de leurs puits ait t brl par l'Anglo-Iranian, quand il pourrait avoir t mis l'avantage de la population.

25. On a accord 6% la Compagnie Franaise des Ptroles, qui par les termes de l'accord Ligne Rouge avaient droit sa part.

26. En 1966 le Consortium a t forc de cder de nouvelles demandes du gouvernement de l'Iran et a cd le quart de ses concessions (l'accord 1954 a prvu la cession d'un cinquime en 1979). Il a t aussi oblig d'augmenter la production de 13 % en 1967 et 1968. Le blocus arabe en juin 1967 lui a permis d'aller bien au-dessus de ce chiffre.

27. Les Grands Cinq ont russi pacifier le plus vorace des indpendants en sacrifiant chacun 1 % de leurs parts. Les 5 % distribus ont t vendus en avril 1955 aux socits suivantes : Atlantic Richfield, Tidewater Oil, Aminoil, Atlantic Refining, Getty Oil, Continental Oil, Signal Oil and Gas, Standard Oil (Ohio), et American Independent Oil. Harvey O'Connor dclare que chaque socit a pay 1 million de $ pour ses parts, qui quelques annes plus tard leur rapporteront 850.000 $ par an. Un si bon investissement tait aussi une sorte d'indemnit, mais les indpendants ont continu exiger une part pour eux au Moyen-Orient.

En 1947 Aminoil (American Independent Oil Company), une association d'indpendants composs de Phillips Petroleum, Hancock, Signal, Ashland, Deep Rock, Sunray, Globe, J. S. Abercrombie et le promoteur Ralph K. Davies, avaient eu un os ronger sous forme d'une zone neutre entre l'Arabie et la Kowet thoriquement rserve aux nomades. Mais le Sultan exigeait de hautes royalties et 10 ans plus tard les rserves taient values seulement 50 millions de tonnes. Il semblait que les indpendants aient t colls aux restes, mais en 1966 la zone neutre produisait 133 millions de barils.

28. Le Biafra est le dernier champ de bataille des compagnies de ptrole - amricaines, britanniques et franaises.

29. Douze ans plus tard, les navires-citernes gants jusqu' 1 million de tonnes conus pour passer autour du Cap ont apparemment condamn le Canal du Suez une position d'importance secondaire.

30. La Gulf et la Jersey Standard ont augment leur production vnzulienne, tandis que Texaco a tendu ses oprations en Indonsie et au Canada. De cette faon, ils taient capables de vendre leur ptrole des prix plus levs en maintenant des dpenses de production stables.

31. La Jersey Standard a t admise au Sahara, le territoire alors franais, aprs une requte du Premier ministre franais Guy Mollet pour un prt de 100 millions de $ de Washington qui fut finalement accord par la Chase Manhattan Bank. (La Jersey Standard est un membre du groupe Chase.)

32. En apparence, ENI a continu respecter la rgle des 50-50, mais en s'associant une socit iranienne, INOC, elle a en ralit accord 75 % des profits l'Iran. Au milieu des ngociations concernant la concession de l'ENI dans le riche bassin Koum, le Premier ministre iranien a t renvers.

33. En 1932 Andr Maginot, un ministre franais qui avait fond l'Union Ptrolire Latine, a t empoisonn. Sa mort fut aussi la mort de l'UPL.

34. Entre 1950 et 1962, la part amricaine dans la production mondiale a chut de 69,8 % 57,9 % et sa part dans le raffinage de 65 % 52,1 %. La Jersey Standard, qui en 1958 reprsentait 10,8 % de toute la production, avait baiss 10,3 % en 1961.

35. En 1938 le Mexique a expropri la Royal Dutch Shell, la Standard Oil et plusieurs autres socits trangres qui refusaient d'accorder des augmentations de salaire exiges par l'union des ouvriers du ptrole (qui s'levaient 1,7 millions de $ par an). Le prsident mexicain Cardenas a fond Pemex, une socit d'tat qui a t boycotte d'abord par ses voisins puissants. Le gouvernement britannique a mme arrt les relations diplomatiques avec le Mexique. Ce n'est pas avant la Seconde Guerre mondiale que le Consortium a renonc aux Mexicains. Aujourd'hui Pemex paye presque un milliard de pesos au gouvernement mexicain par an en impts, tandis qu'avant la nationalisation la somme paye par les socits prives oprant au Mexique n'a jamais excd 44 millions.

En 1963 le Mexique, considr autrefois incapable d'exploiter ses propres ressources, produisait 115 millions de barils (16 millions de tonnes) et le ptrole tait sa source la plus importante de revenu. Ces expropriations ont assur sa prosprit sinon son indpendance conomique car l'conomie mexicaine est toujours troitement lie celle des Etats-Unis.

36. Shell fut la premire compagnie ptrolire oprer au Venezuela. En 1922 elle a t rejointe par la Standard de l'Indiana, suivi par la Gulf. En 1932 la Standard du New Jersey a repris les oprations de la Standard de l'Indiana Maracaibo et a commenc le forage en mer. En 1937 le Venezuela reprsentait 40 % de la production mondiale. La Gulf a t oblige de faire des concessions la Jersey, dont la filiale locale Creole est devenue le gant du Venezuela. En 1938 la Jersey, Gulf et Shell ont form un groupe pour exploiter leurs rserves et ont appliqu naturellement les prix du Texas. En 1943 les socits ont t obliges de diviser leurs profits 50-50 avec le gouvernement vnzulien. En 1948 le gouvernement "Action Dmocratique" qui tait arriv au pouvoir en 1945 a exig une rvision de cet accord, mais a t renvers par une junte militaire soutenue par les Etats-Unis. Entre 1949 et 1954, la Creole a rduit son personnel de 20.500 14.400 personnes en augmentant sa production de 35 %. En 1949 la socit a gagn des bnfices nets de 336 millions de $.

Le revenu pay par les compagnies de ptrole couvrait les trois-quarts du budget national vnzulien (les revenus du gouvernement d'autres sources taient plus bas en 1956 que les profits de Creole). Mais le Venezuela produit seulement la moiti des crales, lait et viande et seulement un tiers des lgumes qu'elle consomme. Les larges plaines d'Orinico ont moins de btail aujourd'hui que pendant la rvolution de 1812. De leur montagne conucos ou leurs huttes sur le latifundia, neuf diximes de la population vnzulienne peuvent observer les lumires loignes de la fabuleuse Caracas.

37. En janvier 1957, Anthony Nutting, un membre du Cabinet britannique, a suggr une forme d'internationalisation - une sorte de "plan Schuman" pour le ptrole du Moyen-Orient.

En mars 1957, Walter J. Levy a crit dans Foreign Affairs:

"... Les demandes et les responsabilits qui ont chu nos compagnies de ptrole internationales vont bien au-del des soucis normaux des oprations commerciales. Les responsabilits publiques et prives deviennent de plus en plus entrelaces. Nos dispositions existantes pour des relations d'industrie du gouvernement dans ce nouveau secteur inexplor semblent tre inadquates pour faire face la large gamme des nouveaux problmes."

Le 10 avril 1957, Lord Henderson a suggr devant la Chambre des Lords que le Gouvernement de sa Majest "prend l'initiative, par les Nations Unies, d'obtenir une Convention Ptrolire Internationale pour le Moyen-Orient qui assurerait une juste distribution de ptrole aux pays grand public, de mme qu'une transaction quitable pour les pays de production de ptrole. ' La politique ptrolire a t un facteur inquitant dans la situation du Moyen-Orient au cours de beaucoup d'annes," a ajout le pair britannique.

Et Walter Lippman a crit en novembre de la mme anne :

"Nous devrions, me semble-t-il, avoir clairement en mmoire que nous sommes au seuil d'une nouvelle situation en ce qui concerne le ptrole au Moyen-Orient. C'est souvent pris pour signifier que les pays arabes, infiltrs par l'Union sovitique, peuvent essayer de ruiner l'Europe occidentale en la privant d'accs au ptrole.

"Thoriquement, cela pourrait arriver si nous prenons la simple vue que la Russie peut vaincre et occuper les pays ptroliers. Mais en fait, cela ne va probablement pas arriver, puisque cela prcipiterait une guerre mondiale. Ce qui va probablement arriver est que les pays arabes, utilisant l'influence sovitique comme un levier, essayeront de forcer les compagnies de ptrole occidentales une rvision radicale des contrats existants. Les pays du Moyen-Orient n'ont aucun intrt interrompre l'exportation de ptrole en Europe. Au contraire, c'est leur intrt essentiel que le commerce doive continuer. Ce qu'ils chercheront, tant les pays ptrolifres autour du Golfe Persique que les pays de transit comme la Syrie et l'Egypte, sont une part plus grande des profits des affaires ptrolires.

38. Les Anglais continuent exploiter les houillres non rentables du Pays de Galles, Midlands, Yorkshire, Nottinghamshire et Lancashire, immobilisant environ 700.000 ouvriers et des explorations britanniques dans le secteur de la Mer du Nord sont effectues dans la collaboration avec les grandes socits amricaines.

La lgislation fiscale britannique est beaucoup moins favorable l'industrie ptrolire que la lgislation amricaine. La politique de l'nergie britannique consiste pnaliser l'utilisation du ptrole pour protger son industrie houillre. La lgislation fiscale britannique ne semble pas avoir contribu significativement l'expansion l'tranger de compagnies de ptrole britanniques et elle n'offre aucun privilge spcial conu pour stimuler de nouvelles explorations par des socits britanniques.

39. Le 4 fvrier 1968, l'ERAP a sign un accord avec l'Iraq National Oil Company (INOC) donnant la socit franaise des droits d'exploration terre et extraterritoriaux sur une concession de 10.000 kilomtres carrs le long du Golfe Persique. M. Jean Blancard, le Vice-prsident d'ERAP, a dclar que l'accord "va dans le sens de l'histoire. L're des concessions traditionnelles, quand la puissance ptrolire a tabli son hgmonie sur des secteurs normes, est une chose du pass."

En mme temps, une autre socit franaise la Socit Nationale des Ptroles d'Aquitaine, rivalisait avec Freeport Co. pour le droit de travailler un dpt de soufre irakien qui la ferait le deuxime plus grand producteur de soufre dans le monde.

Aussi en Irak, la Compagnie Franaise des Ptroles ngociait pour la concession Nord Rumeila que le gouvernement irakien avait saisie de l' Iraq Petroleum Company.

Les diffrences conomiques et politiques entre la France et les Etats-Unis sont en partie le rsultat de la politique ptrolire franaise.

40. La seule socit produisant n'importe quelle quantit significative de ptrole en

La compagnie ptrolire franaise la plus importante, la Compagnie Franaise des Ptroles, fonde par Raymond Poincar, n'est pas une entreprise d'tat. M. Jeanneney, le Ministre franais de l'Industrie, a dclar en 1960 que "la commande de l'Etat de la CFP est extrmement thorique" et que "les intrts du ' ptrole franc ' ne reoivent pas toujours la priorit." En fait, selon des sources bien informes, le contrle est tenu par un certain nombre de socits diffrentes agissant pour la Royal Dutch Shell.

L'ERAP, la socit publique, n'a pas tout fait rattrap la CFP, mais elle tient dj la premire place parmi les socits publiques en Europe continentale et il est vident que le gouvernement franais tient beaucoup voir qu'elle s'tende.

41. Les socits europennes s'inquitant de ce rapport taient : Ente Nazionale Idrocarburi (ENI, Rome), Entreprise de Recherches et d'Activit Ptrolires (ERAP, Paris) et plusieurs socits allemandes appartenant Deutsche Mineraloel-Explorations-gesellschaft MBH (DEMINEX).

42. Dix socits europennes (ERAP, ENI, C. Deilman Bergbau GmbH, Preussag AG, Schachtbau Deusche und Tiefbohr GmbH, Saarbergwerke AG, Schlolven Chemie AG, Union Rheinische Braunkohlen Kraftstoff AG, Wintershall AG et Gelsen-kirchener Bergwerks AG) ont donn suite ce rapport avec un eux qui n'tait rien de moins qu'une dclaration de guerre au Consortium. Il concluait:

"Si le March Commun doit avoir une politique de l'nergie, le ptrole et le secteur du gaz naturel, qui constitue l'lment le plus important dans cette politique, ne doit pas chapper l'action du March Commun. Pour empcher que cela n'arrive, le March Commun doit crer les conditions qui permettent cette politique d'exister par la lgislation et les rglements adapts aux circonstances et il doit sauvegarder les instruments de cette politique, autrement dit les socits du March Commun."

43. Une socit allemande, Saarwerke et une socit italienne, ENI, ont reu la permission du gouvernement franais d'installer un rseau de distribution en France. D'autres mesures et accords sont actuellement en cours de discussion.

Cette nouvelle politique d'nergie europenne explique beaucoup et en particulier la position de de Gaulle en ce qui concerne le conflit isralo-arabe de 1967. De Gaulle n'est ni pro-Arabe, ni pro-Sioniste; il est simplement un raliste.

44. Vingt-deux socits reprsentent 65 % de tout le ptrole produit et 87 % de tout le ptrole raffin aux Etats-Unis. Neuf mille autres socits reprsentent le reste.

En 1963, le ptrole et le gaz naturel ont fourni 75 % de toute l'nergie consomme aux Etats-Unis (en comparaison de 60 % en 1950). Leur valeur combine tait huit fois celle de tous les mtaux ferreux et non ferreux (fer, cuivre, plomb, zinc, or, argent, bauxite, manganse, tungstne, titane et uranium) extraits aux Etats-Unis.

45. Une Bourse du Ptrole a vraiment exist au 19me sicle, mais en 1895 la Standard Oil du New Jersey a annonc que dornavant elle fixerait ses prix elle-mme. ce moment-l, la Jersey Standard achetait 80 % de tout le ptrole produit en Pennsylvanie et contrlait tous les pipelines (ce qui a permis aux socits de mettre en application leurs parts de production et les parts installes par les tats).

46. Il y a 200.000 dbouchs de ventes pour les produits du ptrole aux Etats-Unis, principalement des stations-services. Selon toute apparence il y a comptition ouverte, mais en ralit les grandes socits ptrolires contrlent 85 % du march. Les managers de station-service sont lis selon contrat aux grandes socits, qui fournissent leur essence et couvrent leur fonctionnement et des dpenses publicitaires.

47. Contrairement ce qui est vrai en Europe, aux Etats-Unis n'importe quel ptrole dcouvert appartient au propritaire de la terre sur laquelle il est trouv. Gnralement, les propritaires louent leurs droits aux socits. En 1963 les compagnies de ptrole ont pay presque 2 milliards de $ dans des droits de bail la diffusion de propritaires fonciers sur un dixime du secteur des Etats-Unis, principalement au Texas. Depuis 1859 ces baux ont cot aux socits 40 milliards de $ estims.

48. Quatre-vingt-dix pour cent de l'Empire Ptrolier amricain sont concentrs dans seulement sept tats : Texas, Louisiane, Californie, Oklahoma, Wyoming, Nouveau Mexique et Kansas. La production combine du Texas et de la Louisiane seuls reprsentaient 55 % de la production domestique amricaine en 1963. La plupart des compagnies de ptrole bases au Texas ont des investissements importants en Louisiane, qui est plus proche du march oriental : la Louisiane, o on a dcouvert en 1956 les gisements de ptrole les plus importants depuis Spraberry Fields dans les annes 1930, est aussi favorise par une plus grande proportion de "puits l'hectare" que le Texas. Le puits moyen en Louisiane fournit actuellement 79 % de plus de ptrole quotidiennement que le puits moyen au Texas.

La plupart de ces puits de ptrole produisent seulement deux ou trois semaines par mois. Au Texas, le nombre de jours de production a t rduit de 171 en 1957 104 en 1960. Pendant le deuxime trimestre de 1960, les puits de ptrole au Texas ont t en fonctionnement seulement 9 jours par mois en moyenne et pendant ces 9 jours ils ont t limits aux deux-tiers de leur production maximale. Les producteurs ont valu leurs pertes 6 millions de $ par an, mais les prix sont rests stables. D'autre part, le nombre des employs a t rduit de 25 % (de 164.904 dans 1958 124.922 en 1963) et les dpenses correspondantes baisses de 967 millions de $ 880 millions de $. Nanmoins, malgr cette rduction de la production, presque 200 nouveaux puits sont fors chaque jour (43.300 en 1950, 58.200 en 1956 et 43.600 en 1963).

49. Les ingnieurs du ptrole ont leurs propres techniques de conservation, qui peuvent tre rsumes comme suit :

1) L'limination de puits jaillissants et de flux non contrls qui gaspillent la pression du gaz

2) La limitation du nombre de puits au minimum requis par la structure gologique du gisement de ptrole. Trop de puits rduisent la pression du gaz et d'eau, tandis que trop peu aboutissent la perte d'une certaine quantit de ptrole.

3) La rgulation de la production de chaque puits afin de maintenir une pression uniforme partout dans le gisement de ptrole

4) La maintenance dans chaque puits d'une proportion suffisante de gaz / ptrole pour assurer un flux continu (Harvey O'Connor, l'Empire du ptrole)

50. Les chiffres donns par Fortune pendant l'anne 1967 sont :

Ptrole : 64.943 $
Extraction : 54.023 $
Automobiles : 25.016 $
Aviation : 19.179 $
Textile : 18.404 $

51. La Standard Oil du New Jersey a gagn 758 millions de $ en 1961 et 840 millions de $ en 1962; la Gulf Oil a gagn 338 millions de $ en 1961 et 340 millions de $ en 1962; Socony Mobil a gagn 210 millions de $ en 1961 et 242 millions de $ en 1962; la Standard Oil de l'Indiana a gagn 153 millions de $ en 1961 et 162 millions de $ en 1962.

52. Le cot net du ptrole tel qu'il sort du puits au Moyen-Orient est autour de 20 30 cents par baril. Le mme ptrole est vendu par le Consortium entre 2 $ et 3 $ le baril.

Le ptrole au Kowet cote approximativement 5 cents le baril (0,12 cents le gallon); le ptrole en Arabie Saoudite cote 10 cents le baril (0,24 cents le gallon); et le ptrole en Libye cote 40 cents le baril (1 cent le gallon). En mars 1965, les prix du Consortium pour le ptrole quittant ces pays taient comme suit :

Kowet : 1,59 $ le baril
Iran : 1,78 $ le baril
Arabie Saoudite : 1,80 $ le baril
Irak : 1,95 $ le baril
Sidon : 2,17 $ le baril
Libye : 2.21 $ le baril
Sahara : 2.30 $ le baril

Les socits font payer 60 70 cents le baril pour le transport. L'augmentation considrable du tonnage des ptroliers d'aujourd'hui (100.000 et 200.000 tonnes et bientt mme plus) assure des profits encore plus grands que ceux gagns par les ptroliers dans les annes cinquante et les annes soixante (un navire-citerne de 100.000 tonnes gagne approximativement 500.000 $ par cargaison).

En excluant ces charges de transport (les socits utilisent gnralement leurs propres flottes de navires-citernes), les profits par baril de ptrole sont 3 4 fois plus levs pour l'tranger que pour la production intrieure.

Le cot net aux socits du Consortium est rest relativement stable depuis 1954. Les prix de vente au dtail pour l'essence dans les stations-services amricaines en novembre 1967 tait 9,51 $ le baril (plus les taxes). Cette essence tait vendue un prix moyen de 33,33 cents le gallon (qui incluait 10,68 cents en taxes). La dcomposition de ce prix final tait comme suit :

Profits de ventes au dtail : approximativement 20 %

Taxes : approximativement 30 %

Transport, raffinage, travail de raffinerie, divers cots et des dpenses de raffinage, transport du Golfe la raffinerie, livraison au dtaillant, stockage et profits de gros : 20 %

Prix du brut : 20 %

(Mais le dernier prix icluait dj les profits de la socit l'gard de la production et du transport.)

Les Etats-Unis sont la seule nation industrielle importante dans le monde o l'industrie ptrolire fait plus sur un gallon d'essence que le gouvernement (70 % par opposition 30 %). En Europe particulirement ces proportions sont gnralement l'inverse, l'avantage des pays concerns.

53. Au-dessous des Cinq Grands et des vingt grandes socits se trouvent une multitude de producteurs indpendants. La concentration a t la rgle dans l'industrie ptrolire pendant les dix ans passs. Entre 1959 et 1963, les grandes socits du Groupe de la Chase Manhattan ont augment leur production de 526.000 barils par jour, tandis que la production d'autres socits a baiss de 37.000 barils.

En 1956 les dix plus grandes socits au Texas produisaient 41 % de tout le ptrole dans l'tat; avant 1963 ils produisaient 51 %. Le dclin des petits producteurs tait d en partie au systme des quotas (proration) impos par les tats (en ralit par les grandes socits). De plus, un certain nombre de producteurs indpendants ont t rachets par de plus grandes socits.

Les indpendants comptaient toujours pour la moiti de production nationale, mais les honoraires de pipeline ont considrablement rduit leur indpendance.

54. Les coopratives ptrolires sont pratiquement inconnues aux Etats-Unis. La premire fut l'Association de Cooprative de Consommateurs de Kansas-City, Missouri, fonde en 1929 avec un capital de 3.000 $. En 1962, cependant, la production totale des coopratives galait seulement 200.000 barils, tandis qu'une unit simple Baytown au Texas appartenant Humble Oil en produisait 300.000. Les coopratives possdent moins de 1 % des puits aux Etats-Unis et leurs raffineurs peuvent manipuler seulement un cinquime du ptrole qu'ils produisent. Ils n'ont pas non plus de pipeline ou d'autres moyens organiss de transport.

Les coopratives n'aspirent pas contrler le march, mais dans les pays o elles sont suffisamment puissantes (comme la Sude, o elles reprsentent 12 % du march), elles servent comme une contrainte sur la conduite des autres socits.

55. Comme Walter J. Levy note : "Les socits qui sont intgres du puits la station-service ont des avantages comptitifs vidents sur les socits strictement de production, car elles peuvent temporairement se passer des profits d'un secteur de leurs oprations."

La Standard Oil du New Jersey, par exemple, est apparemment satisfaite avec un taux de bnfice d'approximativement 17 % qui, tenant compte des superprofits de ses oprations trangres, rduit ncessairement ses profits de ses oprations intrieures et, tant donn son contrle presque complet du march, les marges bnficiaires des producteurs indpendants aussi.

Mais les grandes compagnies de ptrole cachent certains de leurs profits dans des socits incorpores aux territoires privilgis. La Jersey Standard, par exemple, utilise la Internationale Corporation enregistre au Liechtenstein. (Aux Etats-Unis, le refuge fiscal pour H. L. Hunt et beaucoup d'autres ptroliers est l'tat du Delaware.)

56. L'allocation d'puisement est base sur la notion que plus il y a de ptrole extrait du puits, moins il en reste. Cela, bien sr, n'est rien de plus qu'une version spciale de ce qui est connu dans l'industrie comme la dprciation.

Si une usine de 100.000 $ fonctionne pendant dix ans, son propritaire a le droit de dduire 10.000 $ par an de ses profits bruts pour la dprciation de l'usine. Dans l'industrie ptrolire, au contraire, le taux de dprciation appliqu n'a aucun rapport avec le cot d'usage du puits. Un puits qui cote 100.000 $ et produit 500.000 $ de ptrole chaque anne pendant dix ans jusqu' ce qu'il se tarisse justifierait normalement une dprciation de 10.000 $ par an.

Une compagnie ptrolire, cependant, a le droit de dduire 27,5 % par an de son revenu brut, qui s'lve, dans le cas cit ci-dessus, 137.500 $ par an ou 1.375.000 $ sur dix ans, pour un investissement de seulement 100.000 $.

Le March Commun a considr l'application de ce systme sa propre industrie, mais avec certaines diffrences de base. L'Europe, contrairement aux Etats-Unis, doit d'abord trouver un ptrole dans son propre sous-sol. En consquence, les mesures du March Commun accorderaient une rduction fiscale aux socits effectuant des explorations, condition que le montant de cette dduction soit re-investi en cinq ans dans de nouvelles explorations (le systme PRG franais).

57. Non seulement les activits du Consortium lsent le consommateur amricain et le contribuable amricain; elles eurent aussi des rpercussions srieuses dans les pays sous-dvelopps et affectrent la situation montaire internationale.

Le Consortium a vendu son ptrole du Venezuela, Colombie, Kowet, Arabie Saoudite, Irak, Iran, etc exclusivement en dollars et livres sterling. (Mme les oprations internes des membres du Consortium ont t effectues en dollars ou en livres.) En consquence, les ventes faites en "dollars ptroliers" et "sterling ptrolier" ont gonfl les trsoreries des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, au dtriment des devises de la production et des pays grand public, en particulier et la situation financire du monde en gnral.

Ce systme a contribu au dsquilibre de la balance des paiements britannique qui a men la dvaluation de novembre 1967 et a forc les Etats-Unis prendre des mesures pour protger le dollar. Les difficults financires harcelant les deux pays sont aujourd'hui les symptmes de 20 ans de procdures de gestion abusives, particulirement. Dans le marketing des matires premires crues.

58. La Humble Oil and Refining Co. a dclar qu'en 40 ans elle avait perdu 500 millions de $ (un chiffre qui reprsente moins de la moiti de son capital prsent) dans des puits profonds, secs. Mais bien que ces puits secs lui cotent 62 millions de $ en 1957, les mmes puits cotent au gouvernement fdral plus d'un demi-million dans des revenus perdus et la Humble Oil cette anne a gagn 175 millions de $ en profits.

59. En Grande-Bretagne, on ne permet pas aux compagnies de ptrole de dduire leurs pertes d'explorations choues de leur revenu de sources autres que la production de ptrole. Si les explorations sont russies, le cot entier de l'installation originale peut tre amorti, mais ne peut pas tre dduit comme des dpenses et il n'y a aucune disposition pour une allocation d'puisement en pourcentage dductible du revenu de la production actuelle.

60. En 1965 l'industrie ptrolire prtendait que les rserves amricaines n'taient pas plus de 31 milliards de barils. Le Bureau du ptrole et du Gaz du Ministre des Affaires Intrieures a comment cependant, que les "Rserves ainsi dfinies sont probablement du ct conservateur" et a ajout :

> "Une tude compile la fin de 1964 par le US Geological Survey met la quantit de ptrole brut en place l'origine dans les dpts connus partir du 1er janvier 1964, plus de 400 milliards de barils. L'tude continue en concluant que 2 milliards de pieds complmentaires de forage de recherches dans des secteurs favorables mais encore inexplors rapporteraient 600 milliards de barils complmentaires de brut en place. De cela, 73 milliards avaient en ralit t retirs partir de la fin de 1963. Sur la base de ces chiffres froids, il apparatrait que les Etats-Unis ne sont pas en danger d'tre court de ptrole pendant beaucoup d'annes."

De plus, il est maintenant possible d'extraire un ptrole des dpts de schiste argileux bitumeux (une tonne de schiste argileux bitumeux rapporte 30 gallons de ptrole). Les rserves de schiste argileux bitumeux des Etats-Unis ont t values par l'ONU 320 milliards de tonnes.

61. La profondeur moyenne des puits fors s'est accru de 3.900 pieds (1200 m) en 1950 5.000 pieds (1500 m) en 1963 (une augmentation de 29 %).

62. En 1948, la pnurie ptrolire a rvl le besoin d'une politique ptrolire nationale. Le Secrtaire de l'Intrieur, J. A. Krug et son successeur, Chapman, ont voulu carter une pnurie future par le dveloppement de carburants synthtiques de moteur, si ncessaire avec le soutien du gouvernement. Le NPC s'est oppos ce plan. Il a assur le gouvernement que l'industrie prive produirait des substituts si le besoin surgissait, mais a insist pour qu'il n'y ait aucun besoin de constituer des stocks de synthtiques pour le moment. Le plan a t abandonn et les protestations propos du gaspillage engendr par la mthode de production de l'industrie ont t touffes.

63. Les Etats de Rhode Island et Alabama ont contest la validit de cette loi la Cour Suprme, prtendant que le Congrs n'avait aucun droit de remettre une partie de la richesse nationale quelques tats privilgis sans leur consentement. Ils ont perdu le procs.

En attendant, le snateur Butler (Nebraska) prparait dj un projet de loi qui reconnatrait la proprit d'tat des dpts de schiste argileux bitumeux dans les Rocheuses.

64. "Les lois fiscales depuis 1926 autorisaient une socit ptrolire ou de gaz dduire 27,5 % du revenu brut de n'importe quelle proprit produisant du ptrole ou du gaz. Cette allocation d'puisement ou dduction de 27,5 % est calcule comme un pourcentage de l'investissement ou du montant de la dduction d'puisement antrieure. Une condition conomique tait attache, savoir : En aucun cas la dduction ne peut excder 50 % du revenu net de la proprit - quelque chose dont je ne crois pas qu'elle arrive trs souvent.

"videmment, sur la vie d'une proprit ptrolire ou produisant du gaz l'allocation d'puisement excdera non seulement l'investissement ou le cot, mais elle ira sans fin et excdera probablement la valeur la date de dcouverte.

"Le comit peut sans aucun doute obtenir des chiffres jour prcis du Ministre de l'Economie et des Finances sur ce que l'allocation d'puisement de 27,5 % signifie chaque socit ou individu en la prenant sur les dclarations de revenus. Cependant, il y a dj en existence quelques pices d'information dnotant sa taille norme. Rcemment j'ai essay d'obtenir de Standard and Poor's Corp. des rapports sur la quantit d'impt sur le revenu fdral pay par Amerada Petroleum Corp., mais je constate que cet article est enterr dans une classification appele: ' dpenses oprationnelles, gnrales, impts, etc. Il est tout fait vident qu'Amerada paye peu, s'il en est, des impts sur le revenu fdraux, quoiqu'en 1952 cette socit ait fait des bnfices nets de 16.296.652 $. Dans la question de Janvier 1946 du magazine Fortune est apparu un long article d'Amerada Petroleum Corp., qui est une socit de production de brut. L'article rvlait en partie, ' La situation fiscale d'Amerada est le rve d'un homme d'affaires. Tout fait littralement, la socit n'a pas payer d'impt sur le revenu fdral qu'elle ne veut pas. C'est en raison des dispositions fortement raisonnables de la loi de revenu interne conue pour les producteurs de brut. Amerada paye si peu en impts sur le revenu fdral qu'elle n'isole mme pas l'article fiscal dans ses rapports annuels. En temps de guerre, quoique les profits d'Amerada soient monts en flche, elle n'a pas pris de disposition pour les impts de bnfices exceptionnels et de 1943 jusqu' 1944 son impt sur le revenu fdral normal a en ralit baiss. En 1944, sur un brut de 26 millions de $, un bnfice brut de 17 millions de $ et un rseau aprs toutes les charges de 5 millions de $, l'allocation d'Amerada pour son impt sur le revenu Fdral tait seulement de 200.000 $.'

"C'est parmi celles des socits qui produisent strictement que l'on peut obtenir une ide de l'ampleur de la subvention double d'puisement et de perte sche de dpenses de dveloppement et forage. Les socits intgres principales profitent au degr qu'elles produisent ptrole et gaz, quoiqu'elles aient d'autres oprations sur lesquelles les impts sont pays.

"En plus d'Amerada Petroleum Corp. mentionne ci-dessus, voici quelques autres exemples de socits produisant du ptrole et du gaz :

"Argo Oil Corp. pendant l'anne 1952 a fait des bnfices nets aprs impts de 3.496.477 $ et a pay des impts sur le revenu fdraux de 91.660 $.

"Kerr-McGee Oil Industries, Inc pour l'anne finissant le 30 juin 1952 eut un revenu net aprs impts de 2.234.688 $ et a pay les impts sur le revenu fdraux de 78.032 $. Pendant cette mme priode l'allocation d'puisement de 27,5 % pour cette socit s'est leve 607.611 $. Pendant l'anne termine le 30 juin 1953, cette socit avait un revenu net aprs impts de 3.072.723 $. Mais dans la Standard et Poor il y a juste une ligne o le montant de l'impt est d'habitude indiqu, donc je ne sais pas quels impts sur le revenu fdraux cette socit a pay pendant cette priode. Pendant cette dernire anne son allocation d'puisement fut de 858.795 $.

"La Superior Oil Co. (Californie) pendant l'anne qui se terminait le 31 aot 1952 avait un revenu net de 11.900.165 $ et a pay des impts sur le revenu fdraux de 200.000 $."

65. En 1963 le Ministre de la Dfense nationale a achet 278 millions de barils de ptrole (la production de 1963 a gal 2,75 milliards de barils).

66. C'tait un papier crit par Paul Haber, JD, Ph. D, intitul, "Pertes sches, puisement de Cot et puisement en Pourcentage - une valuation." Il a dit en partie :

"On suppose que notre systme fiscal fdral est bas sur le principe de taxation progressive ou 'capacit payer' – plus le revenu net est lev, plus le taux d'impt est lev. Dans le cas des contribuables qui s'engagent dans l'affaire de brut, cependant, ce principe est fait pour travailler en inverse – plus le revenu net de la production et de la vente de brut est lev, plus le taux d'imposition est bas...

"Forer pour le ptrole ressemble jouer aux ds avec la Trsorerie : ' Face je gagne, pile vous perdez, ' avec la Trsorerie toujours sur le ct perdant. En fait, des taux fiscaux levs sont un avantage pour l'industrie du brut plutt qu'un fardeau, parce que plus le taux d'impt est lev, plus le cot net (le cot aprs impts) de l'opration de forage est bas. Cela explique pourquoi l'Institut Amricain du Ptrole ne soutient pas l'Association Nationale des Fabricants dans son combat pour rduire la catgorie fiscale suprieure de 90 pour cent 40 pour cent. Si le taux tait rduit 40 pour cent, la recherche du brut chuterait normment, parce que la part du contribuable du cot de la recherche aurait t augment de 10 pour cent (100 pour cent moins 90 pour cent) 60 pour cent (100 pour cent moins 40 pour cent). En fait, la croissance phnomnale de l'industrie du brut date de l'anne 1940, anne dans laquelle les taux de guerre ont t apports dans la loi la premire fois."

67. Il a rechut pendant l'anne dernire du Prsident Kennedy en fonction. L'volution des prix intrieurs (par baril) tait comme suit :

1958:

$3,07

1959, 1960, 1961 et 1962:

$2,97

1963:

$2,93

 

(Un baril de ptrole cote 1,02 $ en 1939, 1,37 $ en 1946, 1,90 $ en 1947 et 2,57 $ en 1948.)

68. Le vote tait comme suit :

Oui - 30

Aiken Carroll Cas (New Jersey) Clark Dodd Douglas Ervin Gore Hart Jackson Javits Keating Kennedy Lausche Long (Hawaii) McCarthy McNamara Morse Muskie Pastore Proxmire Russell Smathers Smith Symington Wiley Williams (Delaware). Young (Ohio)

Non - 56

Allott Anderson Bartlett Beall Bennet Bible Brunsdale Matre d'htel de Bush Byrd (Virginie occidentale) Byrd (Virginie). Canon Capehart Carlson Case (Dakota du Sud) Chavez Cooper Cotton Curtis Dirksen Dworshak Ellender Engle Fong Frear Fulbright Gruening Hayden Hickenlooper Hill Holland Hruska Johnson (Texas). Johnson (Caroline du Sud) Jordan Kerr Kuchel Long (Louisiane). McClellan McGee Mansfield Martin Monroney Morton Mundt Randolph Robertson Saltonstall Schoeppel Scott Stennis Talmadge Thurmond Williams (New Jersey) Yarborough Young (Dakota du Nord)

Ne votant pas - 14

Bridges Church Eastland Goldwater Hartke Green Hennings Kefauver Lusk Magnuson Murray O'Mahoney Sparkman

69. En 1964, la question de l'allocation d'puisement est apparue devant le Snat de nouveau. Le 3 fvrier le Snateur Lausche (Ohio) a offert un amendement qui diminuerait les privilges d'allocation d'puisement de 850 millions de $, laquelle somme pourrait tre utilise pour indemniser les revenus perdus pour le gouvernement par un crdit d'impt accord aux familles indigentes avec des enfants l'universit propos par le Snateur Ribicoff (New York). Mais on a considr l'amendement du Snateur Lausche comme non pertinent.

Le 6 fvrier, le Snateur Williams a rintroduit son amendement traditionnel et a t dfait de nouveau (par 61 33). Comme le Snateur Javits devait commenter, "C'est la vache sacre des vaches sacres."

70. Prsident du Conseil de Direction de Humble Oil and Refining Co. (1961-63), directeur de la Premire Banque Nationale de La ville d'Houston, membre du Conseil National du Ptrole et de l'Institut amricain du Ptrole.

71. En janvier 1968, les snateurs Robert F. Kennedy (New York) et Edward M. Kennedy (Massachusetts) se sont joints plusieurs autres Membres du Congrs dans la forte envie que l'importation limite soit attnue pour le ptrole du chauffage de la maison. Ils taient concerns par une pnurie menaante et des prix levs.

72. John Ise, un professeur d'conomie l'Universit du Kansas et auteur de la Politique du ptrole des Etats-Unis, a recommand en 1929 la nationalisation de toutes les ressources naturelles, y compris le ptrole. "La proprit prive a sans aucun doute provoqu des consquences plus malheureuses dans le cas du ptrole et du gaz naturel que dans un autre domaine. Elle a abouti la surproduction, l'instabilit, des fluctuations des prix incessantes, une perte de ressources naturelles, du capital et du travail, la spculation, la fraude, des prodigalits idiotes et l'injustice sociale flagrante et, finalement, l'tablissement d'un monopole," a-t-il crit.

73. Depuis la Loi Antitrust Clayton de 1914 (qui a proscrit la discrimination Drice et les contrats exclusifs entre le grossiste et le dtaillant) et la Loi de Rtablissement National de 1933 (qui a limin les pratiques commerciales injustes et les rductions de prix destructives et a tabli les codes quitables de comptition), le Ministre de la Justice avait essay plusieurs fois sans succs de dmolir le monopole ptrolier en interrompant les fusions et en s'opposant aux contrats exclusifs, la fixation des prix, et les restrictions de production. Le congrs et occasionnellement la Cour suprme, avait dfait toutes ses tentatives.

74. Prcdemment, bien que les profits gagns l'tranger par des socits amricaines fussent soumis la taxation amricaine, les profits des socits subsidiaires qui taient soumises la taxation locale (sauf dans les refuges fiscaux) n'ont t imposs qu'aux Etats-Unis que quand leurs dividendes taient distribus aux socits principales aux Etats-Unis. Le Kennedy Act a supprim ce rgime pour les filiales enregistres dans des pays de refuge fiscaux, qui taient dornavant soumises la taxation amricaine, que leurs dividendes soient distribus ou non aux socits principales aux Etats-Unis.

 

 


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